Cancer du poumon - Cancer du poumon non à petites cellules

Résumé

Définition du cancer du poumon non à petites cellules

  • Il s’agit d’un groupe de cancers du poumon dont les cellules n’apparaissent pas « petites » au microscope, au contraire du cancer du poumon à petites cellules, un autre type de cancer du poumon.
  • Les trois principaux types de cancers du poumon non à petites cellules sont les carcinomes épidermoïdes (ou à cellules squameuses), les adénocarcinomes et les carcinomes du poumon à grandes cellules. Le diagnostic de ces cancers repose sur les mêmes principes, mais le traitement peut différer selon le type de maladie.

Diagnostic

  • Le cancer du poumon peut être suspecté si une personne a des symptômes tels qu’une toux, une augmentation des expectorations, un essoufflement, un enrouement, des douleurs thoraciques et du sang dans les crachats, ou après un examen clinique.
  • Des examens radiologiques sont demandés pour définir l’étendue et le stade de la maladie.
  • Un morceau de la tumeur obtenu par biopsie est analysé en laboratoire pour confirmer le diagnostic et obtenir plus de détails sur les caractéristiques de la tumeur.

Traitement en fonction de l’étendue de la maladie (catégorisée en différents stades)

  • Les stades I et II du cancer du poumon non à petites cellules sont appelés cancers localisés ou cancers précoces.
    • L’ablation de la tumeur par chirurgie est le meilleur traitement.
    • La radiothérapie est une alternative si la chirurgie n’est pas possible pour des raisons médicales ou si le patient la refuse.
    • La chimiothérapie après l’intervention chirurgicale doit être envisagée pour les patients atteints de cancer de stade II qui peuvent supporter une chimiothérapie.
  • Le stade III du cancer du poumon non à petites cellules est appelé cancer localement avancé
    • Le plus important est de savoir si la tumeur peut être enlevée chirurgicalement (résécable) ou non. La décision du meilleur traitement doit se faire en concertation avec différents spécialistes (chirurgiens, oncologues, radiothérapeutes, radiologistes, etc.).
    • Si la tumeur semble résécable,
      • La chirurgie est la meilleure option. L’administration d’une chimiothérapie avant la chirurgie peut aider à réduire la taille de la tumeur et à la rendre résécable.
      • La radiothérapie après l’opération chirurgicale peut être envisagée quand la tumeur a été entièrement enlevée.
    • Si la tumeur n’est pas résécable, la radiothérapie doit être utilisée à la fois pendant et après la chimiothérapie.
    • La chimiothérapie doit être envisagée pour tout patient qui peut la supporter.
  • Le stade IV du cancer du poumon non à petites cellules est appelé cancer métastatique, car le cancer s’est disséminé au-delà du poumon originellement touché.
    • Comme le cancer s’est disséminé au-delà du poumon affecté, ce n’est pas possible de la retirer par chirurgie. Seules les thérapies se diffusant par la circulation sanguine (les thérapies systémiques) peuvent atteindre l’ensemble de la tumeur.
    • Une chimiothérapie intraveineuse avec une combinaison de deux médicaments est le traitement standard chez les patients sans mutations du gène EGFR ni réarrangements du gène ALK. Le choix des médicaments dépend principalement de l’état de santé du patient et du type de la tumeur.
    • Les patients présentant des caractéristiques moléculaires prédéfinies analysées sur l’échantillon prélevé lors de la biopsie de la tumeur (c’est-à-dire, des modifications des gènes EGFR et ALK) sont traités avec des médicaments biologiques administrés par voie orale.
    • Chez les patients présentant un bon état clinique et afin de prolonger l’effet de la chimiothérapie de première intention sur le contrôle de la tumeur, un traitement d’entretien peut être envisagé soit en continuant le même traitement, soit en alternant celui-ci avec un autre traitement. Les médicaments utilisés dans ces deux approches d’entretien sont différents. Le choix du type de traitement d’entretien dépend de la réponse à la chimiothérapie de première intention et du degré de toxicité subie avec le traitement précédent.
    • Des traitements de deuxième intention et de troisième intention peuvent être proposés par la suite, en fonction du traitement reçu en première intention et de l’état général du patient.

Le suivi

  • Les patients dont la tumeur a été complètement enlevée sont vus par leur oncologue pour un examen clinique tous les 3 à 6 mois et ont un scanner tous les ans.
  • Les patients avec un cancer avancé traité par thérapie systémique sont examinés par leurs médecins tous les mois afin d’évaluer leur tolérance au traitement. L’efficacité est évaluée grâce à des examens radiologiques effectués tous les 2 à 3 mois.

 

INFORMATION BASÉE SUR LES RECOMMANDATIONS CLINIQUES DE L'ESMO
Comme les traitements deviennent de plus en plus personnalisés grâce aux progrès dans le domaine du traitement du cancer, nous vous prions de contacter info@anticancerfund [dot] orgpour un suivi conformément aux recommandations les plus récentes à propos de ce type de cancer. Ce guide pour les patients a été préparé pour aider les patients et leurs familles, afin de mieux comprendre cette maladie et de connaitre les meilleures options de traitement disponibles. Nous recommandons aux patients de demander à leur médecin quels tests et quels types de traitements sont indiqués pour le type et le stade de leur maladie. Ce guide pour les patients a été réalisé en collaboration avec  l’European Society for Medical Oncology (ESMO) et est diffusé avec leur autorisation. Il a été rédigé par un médecin et révisé par deux oncologues de l’ESMO dont l’un est l’auteur principal des recommandations de pratique clinique à l’intention des professionnels. Il a également été relu par des représentants de patients appartenant au groupe de travail de patients de l’ESMO (ESMO Cancer Patient Working Group).

Introduction

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Comme les traitements deviennent de plus en plus personnalisés grâce aux progrès dans le domaine du traitement du cancer, nous vous prions de contacter info@anticancerfund [dot] orgpour un suivi conformément aux recommandations les plus récentes à propos de ce type de cancer. Ce guide pour les patients a été préparé pour aider les patients et leurs familles, afin de mieux comprendre cette maladie et de connaitre les meilleures options de traitement disponibles.

 

Définition du Cancer du Poumon Non à Petites Cellules

Le cancer du poumon (ou cancer bronchique) non à petites cellules est le nom générique d’un groupe de cancers du poumon. Ces cancers sont qualifiés de « non à petites cellules », car les cellules observées dans la tumeur ne semblent pas petites au microscope, par opposition à un autre type de cancer du poumon moins commun appelé cancer du poumon à petites cellules qui est caractérisé par la petite taille des cellules qui le composent.

Le cancer du poumon non à petites cellules peut apparaitre n’importe où dans les tissus qui tapissent les voies aériennes des poumons. On distingue le cancer épidermoïde (carcinome épidermoïde) et le cancer non épidermoïde (principalement l’adénocarcinome) en se basant sur les caractéristiques anatomopathologiques particulières. Cette distinction a d’importantes implications thérapeutiques.

Ce guide se concentre exclusivement sur le cancer du poumon non à petites cellules, qui représente 85 à 90 % de tous les cas de cancers du poumon.

Anatomie du système respiratoire montrant la trachée, les deux poumons et leurs lobeset les voies respiratoires. L’illustration montre également un ganglion lymphatique et le diaphragme. L’oxygène est inhalé dans les poumons et traverse les fines membranes des alvéoles pour s’intégrer dans la circulation sanguine (voir encadré).

 

INFORMATION BASÉE SUR LES RECOMMANDATIONS DE L'ESMO
Ce guide pour les patients a été préparé par le Fonds Anticancer comme un service aux patients, afin de les aider ainsi que leurs proches à mieux comprendre le cancer du poumon non à petites cellules et à déterminer les meilleures options de traitement disponibles en fonction du sous-type de cancer. Nous recommandons aux patients de demander à leur médecin quels tests et quels traitements sont indiqués pour le type et le stade de leur maladie. Les informations médicales décrites dans ce document sont basées sur les recommandations de pratique clinique de l’European Society for Medical Oncology (ESMO) pour la prise en charge du cancer du poumon non à petites cellules à un stade précoce, localement avancé ou métastatique. Ce guide pour les patients a été réalisé en collaboration avec l’ESMO et est diffusé avec son autorisation. Il a été écrit par un cancérologue et relu par deux cancérologues de l’ESMO, dont l’un est le responsable des recommandations de pratique clinique pour les professionnels. Il a également été relu par des représentants de patients appartenant au groupe de travail de patients de l’ESMO (ESMO Cancer Patient Working Group).

 

Fréquence

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Le Cancer du Poumon Non à Petites Cellules, est-il fréquent?

Dans les pays développés d’Amérique du Nord et d’Europe, le cancer du poumon est le deuxième cancer le plus fréquent chez l’homme et le troisième chez la femme. En outre, le cancer du poumon est la première cause de décès lié au cancer chez les hommes comme chez les femmes au niveau mondial.
En Europe, un cancer du poumon a été diagnostiqué chez environ 291.000 hommes et 100 000 femmes en 2008. Chaque année, un cancer du poumon est diagnostiqué chez environ 93 personnes sur 100 000.

On constate des différences considérables entre les différents pays européens concernant le risque de développer un cancer du poumon au cours de sa vie. Entre la naissance et l’âge de 75 ans, moins de 3 hommes sur 100 en Suède et environ 4 hommes sur 100 au Portugal développeront un cancer du poumon, ce qui représente les taux les plus bas en Europe. Ce chiffre s’élève à plus de 9 hommes sur 100 en Croatie et 10 hommes sur 100 dans certaines régions de Pologne. Ces écarts ne sont pas seulement observables entre les pays, mais aussi à l’intérieur de chaque pays. Chez les femmes, le risque de développer un cancer du poumon est plus faible et varie entre les pays. On constate moins d’écart à l’intérieur des pays. Ce sont les pays nordiques qui présentent les taux les plus élevés (jusqu’à quatre femmes sur 100 en Islande, au Danemark et au Royaume-Uni) alors que l’on observe les taux les plus faibles en Espagne (avec moins d’une femme sur 100).

Ces écarts trouvent leur explication principale dans les habitudes de tabagisme qui datent de plusieurs décennies. C’est pourquoi, dans la majorité des pays européens, l’incidence continue d’augmenter chez les femmes alors qu’elle diminue chez les hommes. Cette évolution semble apparaitre plus tardivement dans les pays d’Europe du Sud et de l’Est que dans les pays du Nord. Ces variations reflètent les différentes habitudes tabagiques entre les régions.

Le cancer du poumon non à petites cellules représente 85 à 90 % des cancers du poumon. Environ 90 % des cancers du poumon chez l’homme et 80 % chez la femme sont liés au tabagisme.

Étiologie

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Quelles sont les causes du Cancer du Poumon Non à Petites Cellules?

Le cancer du poumon non à petites cellules est un cancer pour lequel le tabagisme actif représente un facteur de risque bien établi. Cependant, comme pour d’autres cancers, son origine serait multifactorielle, d’autres facteurs étant susceptibles de contribuer à son développement de manière synergique. Une meilleure compréhension du mécanisme génétique du cancer du poumon non à petites cellules indique que des interactions entre les facteurs environnementaux et génétiques entrent en jeu dans l’apparition du cancer du poumon non à petites cellules.

Avant d’examiner les principaux facteurs de risque du cancer du poumon non à petites cellules, il faut savoir qu’un facteur de risque augmente le risque d’apparition d’un cancer, mais n’est ni nécessaire ni suffisant pour causer le cancer. En fait, un facteur de risque n’est pas une cause en soi. Par conséquent, certaines personnes présentant les facteurs de risque suivants ne développeront jamais de cancer alors que certaines personnes ne présentant aucun de ces facteurs de risque en développeront un tout de même.

  • Le tabagisme actif : le cancer du poumon non à petites cellules est l’un des rares cancers où un facteur de risque (le tabagisme) est reconnu de loin comme le principal facteur de risque. Des études épidémiologiques ont montré que le tabagisme actif est responsable de près de 90 % des cancers du poumon. Fait important, la durée du tabagisme semble être beaucoup plus importante que le nombre de cigarettes fumées par jour. Par conséquent, l’arrêt du tabac à n’importe quel âge se traduit par une réduction plus importante du risque de cancer du poumon que la simple réduction du nombre de cigarettes fumées par jour.
  • Le tabagisme passif : l’exposition passive à la fumée de cigarette augmente le risque de cancer du poumon non à petites cellules, mais de manière nettement moins marquée que par le tabagisme actif.
  • Le radon : le radon est un gaz radioactif produit par la désintégration naturelle de l’uranium. Ce gaz est omniprésent à des niveaux très faibles dans l’air extérieur et peut s’accumuler à l’intérieur des bâtiments par des fissures dans les planchers, les murs ou les fondations. Cependant, l’exposition au radon domestique dépend beaucoup de la manière dont les maisons sont construites et ventilées. D’autre part, le radon joue un rôle particulièrement important dans le risque de cancer du poumon chez les mineurs de fond qui sont habituellement exposés à des taux élevés de ce gaz.
  • L’amiante : ce minéral est cancérigène pour les personnes exposées par leur profession. Il a été utilisé dans une grande gamme de produits d’isolation thermique, de protection anti-incendie, d’isolation acoustique, de toiture, de sol et intégré dans d’autres matériaux de construction. L’association du tabagisme actif et de l’exposition à l’amiante multiplie le risque de cancer du poumon non à petites cellules. De nos jours, compte tenu de la forte relation existant entre l’exposition à l’amiante et le mésothéliome, un autre cancer qui se loge dans la plèvre, de nombreux pays (dont ceux de l’Union européenne) ont interdit, totalement ou partiellement, l’usage de ce minéral.

On pense que d’autres facteurs sont associés à un risque accru de cancer du poumon non à petites cellules tel que la pollution atmosphérique, certaines maladies des poumons, notamment celles qui se sont développées à la suite d’une exposition professionnelle à la poussière (par exemple, chez les mineurs), la pollution de l’air intérieur (due, par exemple, aux poêles à charbon et aux fumées de cuissons) suspectée de favoriser le cancer du poumon non lié au tabagisme chez les femmes, les habitudes alimentaires, les facteurs viraux et la sensibilité génétique. Cependant, il existe moins de preuves que ces facteurs influencent le risque de cancer du poumon. Ils pourraient néanmoins jouer un rôle important dans les cas de cancer du poumon non à petites cellules qui surviennent chez les personnes qui n’ont jamais été exposées à la fumée au cours de leur vie.

Diagnostic

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Comment le Cancer du Poumon Non à Petites Cellules est-il diagnostiqué?

À l’heure actuelle, il n’existe aucun élément prouvant clairement que le dépistage précoce[1] par un scanner à faibles doses doit être réalisé en routine chez les personnes à risques (par ex. les fumeurs). Par conséquent, un cancer du poumon non à petites cellules est suspecté uniquement à partir des symptômes dont se plaint le patient. Nous n’avons listé ici que les symptômes les plus fréquents. Les symptômes non spécifiques (qui peuvent être le signe d’autres maladies) comprennent une perte d’appétit, une perte de poids et une fatigue, alors que des symptômes plus spécifiques comme la toux, l’augmentation des expectorations, l’essoufflement (dyspnée), l’enrouement (voix cassée), les douleurs thoraciques et la présence de sang dans les crachats sont liés à la présence de la tumeur. En outre, la propagation dans le thorax du cancer du poumon peut entrainer d’autres symptômes. Ceux-ci peuvent être causés par l’atteinte des nerfs, de la paroi thoracique, de la plèvre ou des structures viscérales (par exemple, le péricarde et l’œsophage). Par exemple, l’invasion de la plèvre et de la paroi thoracique par la tumeur provoque généralement des douleurs thoraciques ou un épanchement pleural. D’autre part, l’invasion du péricarde et de l’œsophage peut provoquer pour l’une, un épanchement péricardique et pour l’autre, des difficultés à avaler (dysphagie).

Dans d’autres situations, le cancer du poumon non à petites cellules s’est déjà propagé à d’autres parties du corps. Dans ce cas, les premiers symptômes de la maladie peuvent refléter cette propagation métastatique (par exemple, des douleurs osseuses dans le cas de métastases osseuses ou des migraines et/ou des symptômes neurologiques dans le cas de métastases cérébrales).

Outre les symptômes et les signes mentionnés précédemment, le diagnostic du cancer du poumon non à petites cellules est basé sur des examens suivants.

1. Un examen clinique : même si le diagnostic du cancer du poumon ne peut pas se fonder uniquement sur les résultats de l’examen clinique respiratoire, ce dernier doit toujours être réalisé si des symptômes respiratoires sont signalés ou/et si les examens radiologiques sont anormaux.
L’examen clinique respiratoire comprend une inspection, une palpation, une percussion et une auscultation du thorax. Les résultats de l’auscultation des poumons doivent être interprétés avec le plus grand soin et replacés dans le contexte des autres résultats cliniques et de l’histoire du patient. L’examen clinique doit inclure la palpation des ganglions lymphatiques superficiels se trouvant dans le cou ainsi que ceux qui se trouvent juste au-dessus de la clavicule (sus-claviculaires).

2. Un examen radiologique : les examens radiologiques sont cruciaux, non seulement pour confirmer le diagnostic, mais aussi pour définir son extension.

  • Une radiographie thoracique : il s’agit généralement du premier examen effectué.
  • Un scanner du thorax et de la partie haute de l’abdomen : il s’agit d’un examen radiographique nécessaire pour déterminer le stade du cancer. En fait, il permet une évaluation précise de l’extension de la tumeur dans les poumons et de confirmer la présence/l’absence de gonflement des ganglions lymphatiques régionaux ainsi que la présence/l’absence d’autres nodules dans les poumons et/ou de maladie métastatique dans l’abdomen (par exemple, dans le foie).
  • Un scanner du cerveau : cet examen est indispensable pour exclure la présence de métastases cérébrales. Il est recommandé avant toute opération dans presque tous les cas de cancer du poumon résécable chirurgicalement ainsi que pour les patients atteints d’un cancer métastatique pour lequel des signes cliniques indiquent une possible propagation au cerveau.
  • Une IRM du cerveau : cet examen est souvent préférable au scanner, puisqu’il permet une étude plus précise du cerveau.
  • Une tomographie par émission de positons (TEP ou PET scan) : il s’agit d’un examen d’imagerie qui permet d’étudier à la fois la morphologie et l’activité métabolique de la tumeur. Le PET scan est recommandé avant toute opération dans tous les cas de cancer résécable chirurgicalement.
  • Une scintigraphie osseuse : il s’agit d’un examen d’imagerie qui évalue si le cancer s’est métastasé dans les os. Cet examen est effectué en présence de douleurs osseuses, d’un taux de calcium sérique élevé ou de résultats élevés au test de phosphatase alcaline. Si une tomographie par émission de positons a déjà été effectuée, la scintigraphie osseuse est inutile.

3. Un examen anatomopathologique : c’est l’examen en laboratoire mené sur les cellules tumorales provenant d’un échantillon de la tumeur (prélevé lors d’une biopsie) ayant été disséqué. L'examen anatomopathologique est recommandé dans pratiquement tous les cas de cancer du poumon non à petites cellules, car il est la seule méthode qui puisse confirmer un tel diagnostic. Les examens les plus courants qui peuvent être effectués pour une biopsie sont présentés ci-dessous. De manière générale, les biopsies peuvent être réalisées à partir de la tumeur primaire (bronchoscopie ou biopsie du poumon à l’aiguille guidée par le scanner), à partir d’un ganglion lymphatique régional situé dans la poitrine (biopsie guidée par échographie endobronchique ou œsophagale, ou médiastinoscopie), ou à partir d’une métastase dans les cas où la maladie s'est propagée hors du poumon.

  • La bronchoscopie : il s’agit d’une technique qui permet de visualiser l’intérieur des voies respiratoires au moyen d’un instrument inséré par le nez ou la bouche. Elle permet au praticien d’examiner les voies respiratoires du patient pour rechercher des anomalies telles que des tumeurs à partir desquelles on peut effectuer une biopsie.
  • Biopsie du poumon à l’aiguille guidée par le scanner : lorsque la bronchoscopie ne permet pas d’effectuer une biopsie (par exemple, dans le cas d’un cancer à la périphérie du poumon), une aiguille est insérée dans le thorax jusqu’à la tumeur à l’aide des images du scanner.
  • Biopsie guidée par échographie endobronchique : cette technique permet de confirmer l’implication des ganglions lymphatiques régionaux dans les cas où les tests radiologiques la suggèrent. Durant une bronchoscopie, une sonde à ultrason est utilisée pour identifier chaque ganglion lymphatique suspect présent autour des voies respiratoires. Une biopsie est prélevée via une aiguille à aspiration transbronchiale.
  • Biopsie guidée par échographie œsophagienne : Similaire à la biopsie guidée par échographie endobronchique, cette technique est utile pour déterminer l'implication des ganglions lymphatiques régionaux. Cependant, contrairement à cette dernière, l'instrument (endoscope couplé à une sonde à ultrasons) est inséré à travers l'œsophage.
  • Médiastinoscopie : il s’agit d’une procédure qui permet de visualiser le contenu du médiastin au moyen d’un instrument optique inséré dans une incision d’environ 1 cm pratiquée au-dessus de la jonction du sternum et de la clavicule. Cet examen permet de réaliser une biopsie des ganglions lymphatiques médiastinaux. Actuellement, les techniques moins invasives comme celles guidées par échographie expliquées ci-dessus remplacent progressivement la médiastinoscopie pour la confirmation anatomopathologique de l’implication des ganglions lymphatiques en cas de suspicion évoquée par les examens radiologiques.
  • Dans les cas où la maladie s’est étendue à d’autres parties corps, une biopsie peut être réalisée depuis une lésion métastatique (hors métastase cérébrale). Différentes techniques d’imagerie médicale (par exemple, l’échographie ou le scanner ) ou un simple examen clinique (dans le cas d’une lésion palpable en surface) peuvent guider la biopsie d’une métastase.

4. L’examen cytologique : contrairement à l’examen anatomopathologique  effectué sur un échantillon de tissu de la tumeur, l’examen cytologique est l’examen en laboratoire des cellules cancéreuses qui se sont spontanément détachées de la tumeur. Même s’il peut être suffisant pour faire le diagnostic de cancer du poumon, l’examen cytologique peut présenter certaines limites dans la distinction entre les cancers épidermoïdes ou non épidermoïdes en raison du faible nombre de cellules étudiées. En outre, un examen de la tumeur (voir le paragraphe suivant) peut être moins efficace s’il est effectué sur des cellules cancéreuses seules plutôt que sur des échantillons du tissu de la tumeur. Les procédures les plus courantes permettant d’effectuer un examen cytologique sont :

  • La bronchoscopie : lors d’une bronchoscopie, les sécrétions et le liquide de lavage bronchoalvéolaire sont généralement recueillis pour rechercher la présence de cellules cancéreuses.
  • Thoracocentèse et drainage pleural : cette technique permet d’aspirer le liquide de la cavité pleurale en cas d’épanchement pleural. Le liquide est ensuite analysé en laboratoire pour y détecter des cellules cancéreuses. Si nécessaire, on peut également effectuer une pleurodèse chimique pour éviter la récidive de l’épanchement pleural après l’aspiration totale du liquide.
  • La péricardiocentèse et drainage péricardique : cette technique permet d’aspirer le liquide de la cavité péricardique en cas d’épanchement péricardique. Le liquide retiré est ensuite analysé en laboratoire pour détecter les cellules cancéreuses.
     

[1] Le dépistage consiste à pratiquer un examen afin de détecter le cancer à un stade précoce, avant que tout signe de la maladie n’apparaisse. Un dépistage systématique est proposé si un examen sûr et acceptable peut être pratiqué et si cet examen permet de détecter le cancer dans la majorité des cas. Il doit aussi être prouvé que le traitement des cancers dépistés est plus efficace que le traitement des cancers diagnostiqués à la suite de la présence de signes du cancer.

 

Traitement

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Quels sont les élément importants à connaître pour un traitement optimal?

Les médecins doivent prendre en compte différents aspects du patient et du cancer afin de décider du meilleur traitement.

Informations importantes concernant le patient
  • L’âge
  • L’indice de performance, qui évalue le bien-être général et les activités quotidiennes réalisables par le patient
  • Les antécédents médicaux personnels, comme les maladies cardiaques, les maladies pulmonaires et le diabète
  • Les antécédents de tabagisme
  • Les résultats des analyses de sang effectuées pour évaluer la numération des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes, et les fonctions hépatique et rénale
  • Si une intervention chirurgicale est envisagée pour traiter le cancer, d’autres examens seront effectués avant l’opération pour évaluer la fonction pulmonaire. L’objectif de ces examens est d’évaluer si la fonction pulmonaire résiduelle prévue après l’ablation chirurgicale du poumon (ou d’une partie de celui-ci) sera suffisante pour éviter des difficultés respiratoires importantes par la suite.

 

Informations importantes concernant le cancer
  • Le stade du cancer

Les médecins utilisent le stade pour estimer l’étendue du cancer et le pronostic du patient. La classification TNM est couramment utilisée. La combinaison de T, taille de la tumeur et invasion des tissus avoisinants, de N, atteinte des ganglions lymphatiques régionaux, et de M, métastases ou propagation du cancer à distance ou à d’autres organes, classera le cancer dans l’un des stades décrits ci-dessous.

Le stade est un élément fondamental pour prendre une décision appropriée concernant le traitement. De manière générale, moins le stade est avancé, meilleur est le pronostic. La détermination du stade est généralement effectuée à deux reprises : après les examens cliniques et radiologiques, et après l’intervention dans le cas où la tumeur a été réséquée chirurgicalement. Si une opération chirurgicale est pratiquée, la détermination du stade est plus précise puisqu’elle comprend les résultats de l’examen en laboratoire de la tumeur retirée.

Le tableau ci-dessous présente les différents stades du cancer du poumon non à petites cellules. Les définitions étant plutôt techniques, il est recommandé de s’adresser à un médecin pour de plus amples explications.

 

Stade I

La tumeur mesure 5 cm ou moins dans sa plus grande dimension et n’a pas envahi les ganglions lymphatiques régionaux.

Stade IIA

La tumeur mesure plus de 5 cm, mais moins de 7 cm dans sa plus grande dimension, sans invasion des ganglions lymphatiques régionaux.

ou

La tumeur mesure 5 cm ou moins dans sa plus grande dimension et envahit les ganglions lymphatiques régionaux homolatéraux situés dans le hile.

Stade IIB

La tumeur mesure plus de 5 cm, mais moins de 7 cm dans sa plus grande dimension, et envahit les ganglions lymphatiques régionaux homolatéraux situés dans le hile.

ou

La tumeur mesure plus de 7 cm dans sa plus grande dimension (en restant toutefois limitée au poumon), ou un second nodule tumoral est présent dans le même lobe, dans les 2 cas sans atteinte des ganglions lymphatiques régionaux.

Stade IIIA

La tumeur mesure moins de 7 cm dans sa plus grande dimension, et envahit les ganglions lymphatiques régionaux homolatéraux situés dans le médiastin.

ou

La tumeur mesure plus de 7 cm dans sa plus grande dimension (en restant toutefois limitée au poumon), ou un second nodule tumoral est présent dans le même lobe, dans les 2 cas avec atteinte des ganglions lymphatiques régionaux homolatéraux dans le hile ou le médiastin.

ou

La tumeur envahit, par extension directe, les tissus situés entre les poumons (par exemple, le cœur ou l’œsophage), ou un second nodule tumoral est présent dans un autre lobe du même poumon, dans les 2 cas avec ou sans atteinte des ganglions lymphatiques régionaux homolatéraux situés dans le hile.

Stade IIIB

La tumeur envahit, par extension directe, les tissus situés entre les poumons (par exemple, le cœur ou l’œsophage), ou un second nodule tumoral est présent dans un autre lobe du même poumon, dans les 2 cas avec atteinte des ganglions lymphatiques régionaux homolatéraux situés dans le médiastin.

ou

Quelle que soit la taille de la tumeur, des ganglions lymphatiques régionaux controlatéraux situés dans le hile ou le médiastin, ou les ganglions situés sur les sites sus-claviculaires sont envahis.

Stade IV

Quelles que soient la dimension de la tumeur et l’invasion des ganglions lymphatiques régionaux, la tumeur s’est propagée dans des sites ou des organes distants du corps. L’invasion de la plèvre (dont épanchement pleural contenant des cellules cancéreuses) et de l’autre poumon sont considérés comme des stades IV.

 

L’échantillon prélevé lors de la biopsie est examiné en laboratoire. Cette étude est appelée anatomopathologie. Le second examen anatomopathologique implique l’analyse de la tumeur et des ganglions lymphatiques après leur ablation chirurgicale. Les résultats de l’examen de la biopsie doivent inclure les éléments suivants :

  • Le type histologique
    Le type histologique est basé sur le type des cellules qui composent la tumeur. En général, le cancer du poumon non à petites cellules se répartit entre les cancers épidermoïdes, qui représentent environ un quart de tous les cancers du poumon non à petites cellules et qui naissent dans les tissus qui recouvrent les voies respiratoires les plus larges, et les cancers non épidermoïdes (qui comprennent les adénocarcinomes et les carcinomes à grandes cellules), qui apparaissent habituellement dans les voies respiratoires les plus petites (ou distales). Cette distinction (cancers épidermoïdes ou non épidermoïdes) est utile à des fins thérapeutiques. En fait, les cancers non épidermoïdes peuvent bénéficier de certains traitements anticancéreux systémiques qui se sont révélés efficaces uniquement chez les patients présentant ce sous-type histologique (voir la section consacrée aux traitements systémiques dans le plan de traitement pour le stade IV).
     
  • Le grade
    Le grade est basé sur la différence d’aspect des cellules tumorales par rapport aux cellules normales du poumon et sur la vitesse à laquelle elles évoluent. Le grade présentera une valeur entre 1 et 3, bien que certaines cellules tumorales semblent si différentes des cellules pulmonaires normales qu’il est impossible de leur attribuer un grade. Ces tumeurs sont généralement qualifiées d’indifférenciées. Le grade reflète l’agressivité des cellules tumorales, de sorte que plus le grade est élevé, plus la tumeur est agressive.
     
  • L’examen biologique de la tumeur
    L’étude des échantillons de tissus des cancers du poumon non épidermoïdes métastatiques permet de rechercher des mutations spécifiques du gène du récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR en anglais). Bien que ces mutations soient rares (environ 10 % au sein de la population caucasienne, mais elles sont plus fréquentes chez ceux qui n’ont jamais fumé, avec les tumeurs du sous-type adénocarcinome, les femmes et les patients d’origine est-asiatique), la détection d’une mutation du gène EGFR a des conséquences sur le pronostic et le traitement lorsque le cancer est métastatique (voir la section consacrée aux traitements systémiques dans le plan de traitement pour le stade IV). Le test du gène EGFR n’est pas recommandé chez les patients atteints d’un carcinome épidermoïdes, sauf pour les personnes n’ayant jamais fumé ou chez les anciens fumeurs légers (moins de 15 paquets par an).

    L’examen de routine de recherche du réarrangement du gène ALK est maintenant systématique et doit être réalisé, si possible, en parallèle avec l’examen de la mutation EGFR. Le réarrangement du gène ALK est plus fréquent chez les patients qui n’ont jamais fumé, chez les patients souffrant d’un adénocarcinome (5 %) et chez les patients les plus jeunes. Une implication thérapeutique importante concerne la possibilité d’utiliser un médicament ciblant le gène ALK (crizotinib) chez les patients atteints de CBNPC métastatique (voir « thérapie systémique » dans la partie « plan de traitement pour un cancer de stade IV »).

 

Quelles sont les options de traitement?

La planification du traitement implique qu’une équipe de professionnels de santé de plusieurs disciplines médicales différentes se réunissent. Cette réunion entre différents spécialistes est appelée réunion de concertation pluridisciplinaire ou consultation oncologique multidisciplinaire. Cette réunion permet de discuter du plan de traitement sur la base des informations mentionnées précédemment.

Le traitement combinera généralement des thérapies qui :

  • agiront localement sur le cancer, comme la chirurgie ou la radiothérapie
  • agiront sur les cellules cancéreuses dans tout le corps au moyen d’un traitement systémique comme la chimiothérapie ou la thérapie biologique.

Le type de traitement dépend généralement de l’état de santé et des préférences du patient, du stade du cancer et des caractéristiques de la tumeur.

Les traitements énumérés ci-dessous ont leurs avantages, leurs risques et leurs contre-indications. Nous recommandons aux patients de consulter leurs médecins pour connaitre les avantages escomptés et les risques de chaque traitement afin d’être pleinement informés de leurs conséquences. Dans certains cas, plusieurs options de traitement sont disponibles et leur choix doit être discuté en fonction des bénéfices et des risques de chaque option.

À chaque étape du traitement, il est également possible de participer à un essai clinique. Il s’agit d’une étude scientifique menée chez des patients pour évaluer l’innocuité et l’efficacité d’un nouveau traitement. On réalise des essais cliniques pour tester l’efficacité des médicaments ou de traitement non médicamenteux comme la radiothérapie, la chirurgie ou l’association de différents traitements.

Il arrive que les médecins proposent aux patients de participer à un essai clinique. Vous avez le droit d’accepter ou de refuser d’y participer sans que votre décision n’influe sur la qualité de votre traitement. Si votre médecin ne vous propose pas d’essais cliniques, mais que vous souhaitez véritablement participer à l’un d’entre eux, le meilleur moyen est de demander à votre médecin ou à votre oncologue s’il existe un essai clinique mis en œuvre pour votre type de cancer près de chez vous ou dans votre pays.

 

Plan de traitement pour les stades I-II (précoce)

Le cancer du poumon non à petites cellules de stade I-II reste localisé dans le poumon et par conséquent, il est curable avec une chirurgie radicale dans la majorité des cas. À ces stades, seuls des facteurs tels qu’un âge avancé et la présence d’autres maladies graves peuvent représenter des contre-indications à la résection chirurgicale curative.

 

La chirurgie 

La chirurgie est le seul traitement offrant une chance de guérison à ces stades. Par conséquent, la chirurgie radicale, appelée lobectomie et correspondant à l’ablation du lobe impliqué et des ganglions lymphatiques localisés dans la poitrine, est la prise en charge standard de ces patients.
 

La radiothérapie

La radiothérapie est une option pour les patients qui ne sont pas susceptibles de subir une chirurgie en raison de contre-indications médicales ou d’un refus de chirurgie. Parmi les différentes techniques, la radiothérapie stéréotaxique conformationnelle est un type de radiothérapie externe qui envoie de hautes doses de radiations de manière très précise sur la tumeur sur une courte période. Ce type de radiothérapie est généralement préféré pour les patients atteints d’un cancer de stade I. Cependant, des méthodes conventionnelles de radiothérapie sont habituellement utilisées pour traiter les patients atteints d’un cancer de stade II.
 

Les traitements systémiques

Une chimiothérapie adjuvante par voie intraveineuse est une option de traitement pour les cancers de stade II, notamment en cas d’invasion des ganglions lymphatiques. Une chimiothérapie comportant quatre cycles (environ trois mois de traitement) d’une association de deux médicaments comprenant un agent à base de platine permet de réduire significativement le risque de récidive de la maladie et d’améliorer la survie de manière substantielle. En pratique, les meilleurs candidats pour une chimiothérapie adjuvante sont les patients en bonne condition physique, sans autre maladie importante et qui se sont rétablis rapidement après l’intervention chirurgicale.

 

Plan de traitement pour le stade III (localement avancé)

Bien qu’il soit encore localisé dans le poumon, le cancer du poumon non à petites cellules de stade III ne peut généralement pas être traité par chirurgie radicale en raison de son extension locale, du moins, pas en premier lieu. Néanmoins, il convient de souligner que le cancer de stade III est une maladie très hétérogène où il est impossible de recommander une stratégie unique, puisque les modalités de traitement peuvent varier d’un cas à l’autre. C’est pourquoi la réunion de concertation pluridisciplinaire  de différents spécialistes est essentielle pour la réussite du traitement du cancer de stade III. Cette réunion permet aux patients atteints d’un cancer localement avancé d’être pris en charge de manière optimale avec une association de toutes les modalités de traitement de la chirurgie, de la radiothérapie et de la chimiothérapie.

 

L’intervention chirurgicale

Le résultat à long terme de la chirurgie comme traitement du cancer de stade III dépend étroitement de l’étendue de la tumeur, en prenant en compte l’invasion des ganglions lymphatiques situés dans le médiastin : il faut distinguer alors les cancers de stade III résécables (la plupart des cas de maladie au stade IIIA) et non résécables (tous les patients au stade IIIB). 

La chirurgie est généralement mise en œuvre comme traitement initial uniquement chez les patients pour lesquels l’invasion des ganglions lymphatiques médiastinaux n’a pas été identifiée avant la chirurgie. D’autre part, quand l’atteinte des ganglions lymphatiques médiastinaux a été détectée avant l’opération, lors de la détermination du stade, la chirurgie peut être employée après l’administration d’une chimiothérapie préalable (néo-adjuvante), avec ou sans radiothérapie concomitante, chez les patients atteints d’un cancer résécable de stade III.

Les tests de la fonction pulmonaire résiduelle (la fonction pulmonaire qui sera disponible après l’intervention chirurgicale) sont très importants pour décider si l’opération est techniquement envisageable. La fonction pulmonaire résiduelle doit être suffisante pour éviter des troubles importants de la respiration après l’opération. Si la fonction pulmonaire résiduelle est estimée insuffisante, une opération n’est pas possible.
 

La radiothérapie

La radiothérapie est mise en œuvre dans le but d’éviter une propagation locale de la maladie. Elle peut être administrée comme traitement postopératoire après l’intervention chirurgicale ou dans un but curatif, en remplacement de la chirurgie pour les cancers non résécables de stade III. Dans le dernier cas, une chimiothérapie concomitante est souvent administrée (voir le prochain paragraphe).
 

Les traitements systémiques 

Une chimiothérapie intraveineuse associant deux médicaments, dont un agent à base de platine, devrait être proposée à tous les patients atteints d’un cancer de stade III qui peuvent la supporter. La chimiothérapie peut être administrée respectivement comme traitement avant (néoadjuvant) ou après (adjuvant) l’opération pour les patients atteints d’un cancer résécable ou réséqué de stade III. Pour les patients souffrants d’un cancer non résécable de stade III, il est préférable que la chimiothérapie soit administrée en même temps que la radiothérapie (chimioradiothérapie concomitante). Toutefois, la chimioradiothérapie concomitante est généralement plus toxique par rapport à l’approche séquentielle d’une chimiothérapie suivie d’une radiothérapie. Ce schéma thérapeutique doit donc être réservé à certains patients, tels que les patients les plus jeunes et ceux présentant un bon indice de performance.

 

Plan de traitement pour un cancer de stade IV (métastatique)

Le cancer du poumon non à petites cellules de stade IV s’est propagé à des sites ou des organes à distance du poumon ; il s’est métastasé. Les sites les plus courants de métastases sont les os, le cerveau, le foie, les glandes surrénales, la plèvre et l’autre poumon. Puisque les métastases se propagent par la circulation sanguine, elles peuvent être présentes au moment du diagnostic (chez presque 40 % des patients) ou apparaitre plus tardivement au cours du suivi d’un cancer ayant été traité par résection radicale.
 

La chirurgie 

Puisque le cancer de stade IV s’est propagé au-delà du poumon, il est considéré comme inopérable : la chirurgie ne permettrait pas de retirer toute la tumeur et d’offrir une chance de guérison.  
L’exception à cette règle concerne les cas où le patient ne présente qu’une seule métastase dans le cerveau, le poumon ou les glandes surrénales, et qu’on ne détecte aucun autre signe de métastase. Les interventions chirurgicales peuvent également être utiles pour soulager les symptômes causés par la maladie dans le thorax ou au niveau des os.
 

La radiothérapie

La radiothérapie peut être indiquée comme traitement palliatif chez les patients qui souffrent de symptômes spécifiques liés aux métastases dans certains organes. Par exemple, la radiothérapie est très utile pour contrôler les douleurs osseuses dues à la propagation du cancer dans les os ou pour traiter les migraines et/ou la sensation de faiblesse associées à la présence de métastases cérébrales.
 

Les traitements systémiques 

Les thérapies systémiques forment la base du traitement du cancer de stade IV. Les principaux objectifs des traitements systémiques sont les suivants :

  • Améliorer la qualité de vie
  • Prolonger la survie

Le choix du traitement systémique doit prendre en compte différents éléments, parmi lesquels le type histologique, l’âge, l’indice de performance, la présence d’autres maladies, les préférences du patient, et certaines caractéristiques biologiques telles que la présence d’une mutation du gène EGFR  ou d’un réarrangement du gène ALK. Le traitement initial proposé est appelé traitement de première ligne. Des traitements de seconde et de troisième lignes pourront être proposés par la suite, en fonction de la réponse au traitement et de l’état général du patient.
 

Traitement(s) de première ligne

  • Traitement de première ligne : chimiothérapie
    • Une chimiothérapie intraveineuse de deux médicaments dont un dérivé de platine (cisplatine ou carboplatine) est le traitement standard chez les patients sans mutations du gène EGFR ni réarrangements du gène ALK.
    • Dans le sous-groupe des tumeurs non épidermoïdes et chez les patients traités avec des schémas thérapeutiques de troisième génération, notamment par gemcitabine et taxanes, la cisplatine doit être le dérivé de platine de choix.
    • La chimiothérapie à base de pemetrexed est le traitement de choix pour les patients présentant des cancers non-épidermoïdes mais ne doit pas être utilisé dans les cancers épidermoïdes.
    • Le carboplatine est préférable au cisplatine chez les patients présentant des contre-indications à l’hydratation par voie intraveineuse (par exemple, en cas d’insuffisance cardiaque ou rénale).
    • Une chimiothérapie sans dérivé de platine doit être envisagée uniquement si un traitement à base de platine est contre-indiqué.
    • La chimiothérapie apporte un bénéfice chez les patients avec un indice de performance égal à 2 par rapport aux meilleurs soins de support. Les chimiothérapies avec un seul médicament comme la gemcitabine, la vinorelbine ou un taxane représentent des options supplémentaires. Les associations à base de carboplatine ont donné de bons résultats avec une toxicité acceptable et doivent être envisagées chez les patients éligibles affichant un indice de performance de 2.
    • Les patients qui ne sont pas en bon état clinique (indice de performance de 3 ou 4) doivent recevoir les meilleurs soins de support.
    • Chez les personnes âgées de plus de 70 ans, les chimiothérapies à base de carboplatine doivent être envisagées chez les patients éligibles, en bon état clinique (indice de performance de 0 à 2) et sans autres maladies invalidantes. Chez les autres patients, on peut envisager une chimiothérapie avec un seul agent. Cela doit être discuté avec votre médecin.
       
  • Traitement de première ligne : thérapie biologique
    • Une monothérapie par un inhibiteur de tyrosine kinase de l’EGFR administré par voie orale comme le gefitinib, l’erlotinib et l’afatinib est l’option recommandée chez les patients dont la tumeur présente une mutation du gène EGFR lors de l’examen biologique de la tumeur (environ 15 % de tous les CBNPC). Toutes les tumeurs de type non-épidermoïdes doivent faire l'objet d'un test de détection de mutation du gène EGFR, notamment chez les patients qui n’ont jamais fumé ou qui ont fumé modérément par le passé. Compte tenu de leur bonne tolérance et de leur administration pratique par voie orale, les inhibiteurs de EGFR peuvent également être proposés aux patients avec un très faible indice de performance de 3 et 4, à condition que la mutation du gène EGFR soit détectée dans la tumeur.
    • Les patients atteints de cancers présentant un réarrangement du gène ALK doivent bénéficier d’un traitement par inhibiteur du gène ALK, le crizotinib.
    • Le bevacizumab est un anticorps monoclonal qui se lie au facteur de croissance de l’endothélium vasculaire (VEGF), une protéine qui circule dans le sang et qui permet la croissance des vaisseaux sanguins. Le bevacizumab empêche le VEGF d’activer les récepteurs VEGF à la surface des cellules et donc, inhibe la croissance des vaisseaux sanguins dans la tumeur. Le bevacizumab par voie intraveineuse peut-être ajouté à une chimiothérapie associant carboplatine et paclitaxel uniquement chez les patients atteints de tumeurs non épidermoïdes qui ont un bon indice de performance (0 ou 1). Pour des raisons de sécurité,  il est essentiel de faire une sélection rigoureuse des patients pour limiter les effets indésirables potentiels du bevacizumab. Une histologie épidermoïde représente une contre-indication majeure d’un traitement par bevacizumab. De plus, les patients qui souffrent d’une hémoptysie sévère ainsi que ceux qui présentent des tumeurs localisées centralement ou excavées sont généralement écartés des traitements par bevacizumab. L’association du bevacizumab à d’autres chimiothérapies à base de platine peut être envisagée chez les patients présentant un cancer non-épidermoïde.
       
  • Calendrier, durée et traitement d’entretien du traitement de première ligne
    • Les traitements de première intention doivent toujours être commencés lorsque les patients présentent un bon indice de performance, c’est-à-dire, au moment où ils sont capables de tolérer au mieux les effets indésirables potentiels des traitements systémiques.
    • Pour la plupart des patients, quatre cycles de chimiothérapie sont recommandés, avec un maximum de six cycles.
    • Chez les patients présentant un bon état clinique et afin de prolonger l’effet de la chimiothérapie de première intention sur le contrôle de la tumeur, un traitement d’entretien peut être envisagé soit en continuant le même traitement, soit en alternant celui-ci avec un autre traitement. Le médicament utilisé lors du traitement de première intention peut être continué ou un nouveau médicament peut être introduit après quatre cycles de chimiothérapie à base de platine.
    • Le traitement d’entretien en alternance introduit de l’erlotinib et constitue une option pour les patients présentant une maladie stable après le traitement d’induction.
    • L’autre traitement d’entretien repose sur la continuation du pemetrexed et est indiqué après traitement de première intention par cisplatine et pemetrexed chez les patients atteints d’un cancer non-épidermoïde, lorsque la chimiothérapie a permis une stabilisation ou une réponse de la maladie et que le patient a récupéré des effets indésirables éventuels du traitement précédent.

Traitement de seconde et de troisième intention
Ces traitements peuvent être administrés en cas de progression de la maladie après le traitement de première intention chez les patients qui sont encore aptes à recevoir un traitement supplémentaire (avec un indice de performance de 0 à 2).

Une chimiothérapie par docétaxel seul ou par pemetrexed seul (ce dernier pour les cancers non-épidermoïdes uniquement) ou une thérapie ciblée par erlotinib chez les patient au statut EGFR ou sans mutation EGFR améliorent les symptômes causés par la tumeur et prolonge la survie. Chez les patients dont la tumeur présente une mutation EGFR, une monothérapie par erlotinib, géfitinib ou afatinib doit être administrée en traitement de seconde intention, si ces médicaments n’ont pas été administrés précédemment. Dans les traitements des lignes suivantes, l’erlotinib est indiqué chez les patients au statut EGFR inconnu ou sans mutation EGFR, qui n’ont pas encore reçu d’inhibiteur de tyrosine kinase de l’EGFR et qui présentent un indice de performance de 0 à 3. En général, tout patient dont la tumeur porte une mutation EGFR doit recevoir un inhibiteur de tyrosine kinase de l’EGFR dans une ligne de traitement, s’il n’en a pas reçu précédemment.

Les patients atteints de tumeurs présentant un réarrangement du gène ALK (environ 5 % des patients) peuvent également être traités en deuxième et troisième intention par crizotinib, s’ils n’en ont pas reçu précédemment.

Le traitement du cancer oligométastatique
Le terme oligométastatique signifie que cinq lésions métastatiques maximum sont présentes. On parle dans ce cas de métastases synchrones lorsque les métastases sont apparues un mois avant ou après que la tumeur primitive a été identifiée. Lorsqu’elles apparaissent après que la tumeur primitive a été traitée, elles sont appelées métastases métachrones. Les caractéristiques biologiques et le pronostic de ces deux types de métastases peuvent différer. Un traitement radical par chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie est envisageable, mais comme il n’existe pas encore de protocole standard pour traiter les oligométastases, on conseille aux patients un traitement dans le cadre d’un essai clinique.

Le traitement des métastases du cerveau
Les patients présentant un indice de performance faible doivent recevoir les meilleurs soins de soutien. Les patients ayant un indice de performance bon, ayant moins de 65 ans, aucune métastase extra-crânienne et pas plus de trois métastases cérébrales peuvent recevoir une radiothérapie complète du cerveau. Une métastase cérébrale unique peut être traitée par chirurgie ou radiochirurgie stéréotaxique (un type spécial de radiothérapie où les faisceaux de rayonnement sont très précis, dans le but d’épargner le plus possible de tissus sains du rayonnement). En présence de deux ou trois métastases cérébrales, la radiochirurgie stéréotaxique est préférable.

 

Les traitements palliatifs

D’autres traitements peuvent apporter une aide à différentes étapes du traitement du CBNPC : une endoscopie pour soulager l’obstruction des voies respiratoires, des interventions chirurgicales dans le cas d’épanchements pleuraux, la radiothérapie, en plus de ses effets palliatifs pour les métastases cérébrales, pour traiter les métastases osseuses, surtout si elles sont douloureuses. Des médicaments agissant sur les os (acide zolédronique et denosumab) contribuent à traiter les métastases osseuses. En général, des soins palliatifs précoces sont recommandés, en parallèle avec le traitement standard du cancer lui-même. Il a été montré qu’ils pouvaient améliorer la qualité de vie et l’humeur, diminuer la nécessité d’un traitement agressif et peut-être même améliorer la survie.

Des essais cliniques sont souvent proposes aux patients atteints de cancers de stade IV. La participation aux essais cliniques doit être encouragée.
 

L’évaluation de la réponse au traitement

La réponse au traitement doit être évaluée afin de vérifier s’il existe un quelconque bénéfice du traitement par rapport aux effets indésirables rencontrés. L’évaluation de la réponse est recommandée après 2-3 mois de traitement systémique du cancer de stade IV. Cette évaluation repose sur la répétition de l’examen radiographique initial montrant les lésions tumorales.

Dans le cas d’une radiothérapie curative du cancer de stade III, un minimum de 2 mois doit s’être écoulé entre la fin du traitement et l’évaluation de la réponse afin de déterminer les effets bénéfiques de la radiothérapie.

 

Quels sont les éffets indésirables éventuels du traitement?

Cette section présente les effets secondaires les plus courants de la chirurgie, de la radiothérapie et de la chimiothérapie. Toutefois, cette liste n’est pas exhaustive. Par conséquent, les patients doivent discuter longuement avec leur médecin des effets secondaires potentiels liés aux traitements proposés.

  • Effets indésirables possibles de la chirurgie
    • L’hémothorax, un épanchement de sang dans la cavité pleurale.
    • La contusion pulmonaire, une contusion du tissu pulmonaire, généralement provoquée par un traumatisme lors de l’intervention chirurgicale
    • Une pneumonie postopératoire
    • Une fuite d’air persistante, un trouble dans lequel le poumon est incapable de se regonfler correctement après l’intervention chirurgicale en raison de dommages subis par le tissu pulmonaire
       
  • Effets indésirables possibles de la radiothérapie
    • Effets secondaires apparaissant de manière précoce : ces effets secondaires surviennent généralement dans les six mois après la fin de la radiothérapie. Ils incluent notamment une œsophagite, c’est-à-dire une inflammation de l’œsophage, une pneumonie, une toux et un enrouement prolongé.
    • Effets secondaires apparaissant de manière tardive : ces effets secondaires surviennent généralement plus de 6 mois après la fin de la radiothérapie. Les plus courants comprennent un essoufflement, qui est causé par une perte d’élasticité des poumons, et une pneumonie.
  • Effets indésirables possibles des traitements systémiques
    • Chimiothérapie : la fréquence et la gravité des effets secondaires de la chimiothérapie varient en fonction du type d’agents ou des associations mises en œuvre. Par conséquent, les patients sont encouragés à discuter de manière approfondie avec leur médecin des principaux effets secondaires liés à la chimiothérapie qui leur a été proposée. De manière générale, les effets secondaires de la chimiothérapie comprennent souvent une perte d’appétit, une fatigue, une perte des cheveux, des nausées ou des vomissements, une sensibilité accrue aux infections et aux hémorragies, une anémieet des diarrhées.

En plus de ces effets secondaires, chaque médicament peut également provoquer différents effets indésirables. Les plus courants sont répertoriés ci-dessous, bien que personne ne subisse les mêmes effets secondaires ou ne les rencontre dans la même mesure.

  • Le cisplatine peut provoquer une perte auditive et des lésions rénales. La fonction rénale est donc évaluée avant de commencer le traitement. Pour éviter toute lésion, il est très important de boire beaucoup d’eau pendant le traitement avec ce médicament.
  • Le paclitaxel peut causer une neuropathie périphérique en fonction de la dose administrée, de la durée de la perfusion et du schéma d’administration. Les symptômes révélateurs incluent un engourdissement, des paresthésies et des sensations de brulure dans les pieds et les mains. Les symptômes sont souvent symétriques et débutent généralement au niveau des pieds. Les patients signalent souvent l’apparition simultanée de symptômes dans les orteils et les doigts, mais des présentations asymétriques ont aussi été observées. Le visage est moins fréquemment touché. Même si l’on a observé que les symptômes s’amélioraient ou disparaissaient complètement dans un délai de quelques mois après l’arrêt du traitement, il a été signalé que les symptômes et les déficiences persistaient plus longtemps chez les patients qui avaient développé une neuropathie sévère.
  • Thérapie biologique : ces effets secondaires sont spécifiques de l’agent biologique administré.
    • Le bevacizumab peut donner lieu à une hypertension, à la présence de protéines dans l’urine et à un risque accru de troubles thromboemboliques ou hémorragiques.
    • Le gefitinib, l’erlotinib ou l’afatinib peuvent provoquer des éruptions cutanées et des diarrhées.
    • Le crizotinib peut causer des troubles de la vision, des nausées, des diarrhées, des vomissements, un œdème, une constipation, une fatigue, une élévation des enzymes hépatiques dans le sang et une neutropénie (une diminution du nombre de neutrophiles, un type de globules blancs).

 

Que se passe-t-il après le traitement?

Des visites de suivi régulières sont importantes pour les patients qui ont subi un traitement chirurgical radical.

 

Le suivi avec les médecins

Une fois que le traitement est terminé, les médecins proposeront un programme de suivi dont les objectifs sont les suivants :

  • Évaluer les complications du traitement :

Les complications du traitement liées à la chirurgie, à la chimiothérapie adjuvante ou à la radiothérapie (voir la section consacrée aux effets secondaires des traitements) doivent être évaluées soigneusement tous les trois à six mois.

  • Détecter une éventuelle récidive :

À l’heure actuelle, il n’existe pas de preuve suggérant que la détection précoce d’une récidive (et donc, la mise en place plus précoce d’un traitement spécifique) conduise à de meilleurs résultats.

Cependant, comme la plupart des récidives se produisent dans les 4 ans suivant la chirurgie, des visites de suivi, y compris un examen physique et l’évaluation de chaque symptôme, sont généralement recommandées dans un intervalle de 3 à 6 mois pour les trois premières années, et chaque année par la suite.
Un scanner de la poitrine réalisé tous les ans et, dans une moindre mesure, une radiographie thoracique sont tous deux considérés comme appropriés pour un suivi radiologique. Le scanner est préféré, car il présente l'avantage par rapport à la radiographie thoracique de pouvoir détecter précocement une nouvelle tumeur primaire du poumon.

  • Détecter de nouvelles tumeurs primitives éventuelles dans le poumon :

Les patients ayant subi une chirurgie radicale présentent un risque plus élevé de développer une deuxième tumeur au niveau du poumon. Il est parfois difficile de faire la distinction entre la récidive de la tumeur initiale et la survenue d’une nouvelle tumeur primitive en se basant uniquement sur des examens radiographiques. La discussion au sein d’une équipe pluridisciplinaire peut aider à différencier les deux scénarios et, par conséquent, à choisir l’option de traitement la plus appropriée.
 

S’arrêter de fumer

Étant donné le lien entre le tabagisme et le cancer du poumon, arrêter de fumer, à tout moment, est toujours conseillé pour les patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules. De plus, l’arrêt de fumer devrait être considéré comme faisant intégralement partie du traitement contre le cancer du poumon non à petites cellules, le stade du cancer important peu. Arrêter de fumer pour les patients atteints d’un cancer de stade I à II est associé à la fois à la diminution du risque de récidive et du risque d’apparition d’une seconde tumeur primaire, et entraîne donc une baisse du risque de décès lié au cancer du poumon non à petites cellules. Le tabagisme peut également interagir avec la thérapie systémique, par exemple, en réduisant la part de l’erlotinib entrant dans la circulation sanguine, et par conséquent, son effet actif. 
 

Le retour à la vie normale

Il peut s’avérer difficile de vivre avec l’idée que le cancer peut resurgir. Les patients ayant des difficultés à retrouver une vie normale peuvent bénéficier d’un soutien psychologique. D’autres personnes peuvent trouver du soutien auprès d’association de patients.
 

Et si le cancer réapparait ?

Si le cancer revient, cela s’appelle une récidive et le traitement dépendra de l’étendue de celle-ci.

Certains patients chez qui la tumeur récidive à un seul endroit peuvent profiter d’une approche locale comme l’ablation chirurgicale ou la radiothérapie. Néanmoins, cette approche est réservée à un très petit nombre de patients. Les tumeurs récidivantes doivent normalement être considérées comme des cancers métastatiques et donc être prises en charge comme un cancer de stade IV (cf. chapitre consacré au traitement des cancers de stade IV).

Dans certains cas, réaliser une biopsie de la métastase peut être indiqué, car elle peut influencer le choix du traitement. Cela est particulièrement vrai pour les patients ayant profité d’un long intervalle sans maladie depuis la résection chirurgicale. Une nouvelle biopsie effectuée chez ces patients peut permettre de faire la distinction entre une maladie récidivante et une nouvelle tumeur du poumon, de confirmer le type histologique de la tumeur pulmonaire (épidermoïde, non épidermoïde ou autre) et de refaire un test de mutation du gène EGFREGFR si l’on détecte un cancer non épidermoïde.

 

 

 

 

 

 

Synonymes

Cancer du poumon non à petites cellules

Tumeur du poumon non à petites cellules

CPNPC

Cancer du poumon

Tumeur du poumon

Cancer pulmonaire

Tumeur pulmonaire

Cancer broncho-pulmonaire

Tumeur broncho-pulmonaire

Cancer bronchique

Tumeur bronchique

Cancer des bronches

Tumeur des bronches

Therapies by type

La liste suivante de thérapies est basée sur ce que nous avons trouvé dans les études scientifiques concernant ce cancer. Vous trouverez plus d’information sur ces traitements sous l’onglet THÉRAPIES. Les médicaments autorisés, la radiothérapie et les interventions chirurgicales sont approuvés par les autorités.

Interventions chirurgicales

Procédures nécessitant des moyens instrumentaux pour examiner ou traiter un cancer, ou pour améliorer les fonctions ou l’apparence du corps. En général, une intervention chirurgicale implique une incision. Plus

Radiothérapie

Utilisation médicale de rayonnements de haute énergie afin de tuer les cellules cancéreuses et de réduire la taille de la tumeur. Plus

Médicaments autorisés

Médicaments anticancéreux ayant reçu une autorisation de mise sur le marché aux États-Unis ou dans les pays de l’Union européenne. Plus

Produits naturels (hors médicaments autorisés)

Substances présentes dans la nature qui ont en général une activité pharmacologique ou biologique. Plus

Ail
Gui

Approches Corps-Esprit

Techniques destinées à accroître la capacité de l’esprit à influencer le fonctionnement biologique du corps. Plus

Essais cliniques

Un essai clinique est une recherche menée chez des patients afin d’évaluer si un nouveau traitement est sûr (innocuité) et s’il est efficace (efficacité). Les essais cliniques sont effectués pour tester l’efficacité de médicaments mais aussi de traitements non médicamenteux, tels que la radiothérapie ou la chirurgie, et de combinaisons de différents traitements. Les essais cliniques se déroulent dans toutes sortes d’hôpitaux et de cliniques mais principalement dans des hôpitaux universitaires. Ils sont organisés par des chercheurs et des médecins.

Le Fonds Anticancer offre un outil de recherche des essais cliniques de phase III par type de cancer et par pays. Pour la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, le Luxembourg, la France et le Royaume-Uni, le Fonds Anticancer fournit des coordonnées de contact pour obtenir davantage d’informations au sujet des essais cliniques de phase III actuellement en cours. Discutez avec votre médecin des possibilités de participer à l’un de ces essais cliniques.

Une liste des essais cliniques de phase III pour le cancer du poumon non à petites cellules (en anglais: non-small cell lung cancer, étant donné que les essais cliniques peuvent être présentés en anglais) est disponible ici.