Rapport Annuel 2018 | Fonds Anticancer (FR)

Rapport Annuel 2018

Chaque cancer est un de trop. C’est la raison pour laquelle nous efforçons à trouver des meilleures options thérapeutiques pour les patients atteints d'un cancer grâce auxquels nous pouvons sauver des vies et améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de cancer.

LE FONDS ANTICANCER

Notre travail quotidien comporte trois pilliers:

  1. Investir dans la recherche
    Nous promouvons, finançons et coordonnons la recherche scientifique sur des traitements anticancéreux prometteurs qui ont peu d'opportunités dans le circuit commercial mais qui revêtent d'une grande importance pour les patients. Dès que l'effet d'un traitement a été scientifiquement prouvé, nous mettons tout en oeuvre pour le rendre accessible le plus rapidement possible
     
  2. Informer les patients
    Le Fonds Anticancer fournit des informations fiables sur les options de traitement bénéficiant d'un soutien scientifique. De cette manière, nous permettons aux personnes atteintes de cancer de prendre des décisions éclairées.
     
  3. L'action politique
    Nous dialoguons avec les parties prenantes nationales et européennes. Ensemble, nous convainquons les décideurs d’éliminer les obstacles à des traitements efficaces contre le cancer.

La science pour seul outil

    Le Fonds Anticancer croit au pouvoir de la science et de la recherche indépendante. Notre mission est de donner au développement de nouvelles options de traitement, qui placent le patient au centre. Cela augmente nos chances de trouver une solution au cancer en complément des voies commerciales traditionnelles. Nous sommes dépendants des dons et du financement privé pour notre travail. En tant qu'organisation, nous ne défendons que les intérêts des personnes atteintes de cancer et de leurs familles.

    patients first

    10 ans de persévérance

    Reliable Cancer Therapies (RCT), une organisation suisse sans but lucratif établie à Verbier, a été fondée en 2009 par Luc Verelst, un entrepreneur belge. L'organisation a été créée à la suite de son expérience personnelle, lorsque sa soeur s'est vu diagnostiquer un cancer. Lydie Meheus, PhD, a commencé à réunir et à étudier les informations sur les traitements tant conventionnels que non conventionnels du cancer.
    D'autres scientifiques ont rejoint Lydie. Les informations sont devenues accessibles au public et plusieurs projets de recherche ont été lancés en collaboration avec des centres universitaires du monde entier.

    Le Fonds Anticancer, une organisation belge sans but lucratif présentant la même mission, les mêmes valeurs et des activités internationales identiques, a vu le jour en 2013. Une équipe belge, dirigée par Lydie Meheus en qualité de CEO, gère l’ensemble des projets et initiatives de recherche afin de communiquer aux patients des informations indépendantes sur les options de traitement.

    Aujourd’hui, l’engagement de l’organisation à fournir davantage d’options de traitement aux patients atteints d’un cancer est intact et notre foi dans une approche scientifique indépendante pour lutter contre le cancer est plus forte que jamais.

    Le principal défi pour 2019 et les années suivantes consistera à trouver de nouveaux soutiens et partenariats financiers pour augmenter durablement l’impact du Fonds Anticancer et réaliser notre ambition d’aider les patients atteints du cancer de manière structurelle et socialement responsable.

    NOS ESSAIS CLINIQUES

    En 2018, le Fonds Anticancer a soutenu 15 essais cliniques portant sur divers types de cancer et différentes phases de traitement dans plusieurs pays européens.

    Les essais cliniques que nous avons soutenus concordaient avec un ou plusieurs de nos domaines d’intervention: la réorientation des médicaments, la combinaison thérapeutique, la prévention et le contrôle de la récidive tumorale et/ou le traitement des cancers moins courants et rares.

    Clinical Trials

     

    AML-ViVA           PRIMMO        PROSPER

    Metzolimos          ASPIRIN         ViDME

    PIONEER          B-AHEAD-3   

                       

    Importance

    L’adénocarcinome canalaire pancréatique, la forme la plus courante du cancer du pancréas, présente un très faible taux de survie et une incidence croissante. Seuls 15 à 20 pour cent des patients atteints de ce cancer ne présentent aucun signe de métastase lors de la pose du diagnostic et sont jugés opérables. Pour les patients présentant une tumeur opérable, la chirurgie constitue le traitement habituel, suivi d’une chimiothérapie adjuvante après des semaines de convalescence.
    Le taux de survie général de 5 ans de ces patients est d’environ 20 % et près de 50 % récidivent dans la première année qui suit l’opération. Ceci souligne la nécessité de réduire le nombre de récidives et d'améliorer la survie globale de ces patients.

    Focus

    L’essai PROSPER évalue une thérapie combinée de médicaments existants : le propranolol, un bêta-bloquant, et l’étodolac, un anti-inflammatoire (cf. repositionnement de médicament) administrée pendant la période péri-opératoire. L’essai laisse espérer une atténuation effective des réactions psychologiques, chirurgicales et inflammatoires au stress, autant de processus qui facilitent la métastase tumorale. En soi, la récidive tumorale pourrait être évitée au cours d’une fenêtre temporelle critique dans laquelle la thérapie contre le cancer est actuellement inexploitée. En outre, l’approche n’intervient pas dans la pratique actuelle ou la future mise en œuvre de nouveaux schémas de chimiothérapie adjuvante.

    Partenaire & Financement

    Le projet scientifique a été lancé par le Fonds Anticancer. L’essai clinique a été coordonné par l’Hôpital universitaire d’Heidelberg. L’essai a débuté en décembre 2018 et la recherche de patients éligibles a été lancée. Le Fonds Anticancer s’est engagé à couvrir les coûts de l’étude clinique (422.300 €) – dont 18 % ont été financés en 2018 – et à fournir des données scientifiques. Quant au soutien financier, le Fonds Anticancer a reçu près de 348.000 €

    Universitätsklinikum Heidelberg

    Importance

    La chirurgie, la radiothérapie et divers médicaments permettent de guérir la majorité des femmes atteintes du cancer du sein. Toutefois, trop de femmes sont encore confrontées à une récidive de leur cancer, avec de faibles chances de guérison ultérieure. La chirurgie du cancer du sein entraîne un stress opératoire qui ne fait que s'ajouter au stress de se voir diagnostiquer un cancer du sein. Les recherches suggèrent que limiter les effets biologiques du stress chirurgical pourrait empêcher certaines récidives. Cet essai a étudié le lien entre le stress et la récidive en vérifiant si l’injection en phase pré-opératoire de l’anti-inflammatoire kétorolac pouvait éviter la récidive du cancer chez les femmes atteintes d’un cancer du sein.

    Résultats

    De 2013 à 2016, 203 femmes atteintes d’un cancer du sein réparties dans 5 hôpitaux belges ont participé à l’étude. La moitié d’entre elles ont reçu du kétorolac, tandis que l’autre moitié a reçu un placebo. L’analyse s’est achevée après le suivi des dernières participantes pendant deux ans. Nous avons découvert qu’une seule injection de kétorolac avant l’opération du cancer du sein ne modifiait pas le risque de récidive, mais aussi que le kétorolac n’avait aucun effet négatif sur la sécurité ou le taux de complications opératoires. Malgré ces résultats, la réduction des récidives par la neutralisation du stress opératoire demeure pertinente. Toutefois, des recherches complémentaires seront nécessaires pour identifier les médicaments – et les dosages – susceptibles d’y parvenir.

    Partenaire & Financement

    L'essai clinique a été coordinné par la Clinique Universitaire Saint-Luc. Le Fonds Anticancer a couvert le coût total de l'essai de 251.595 €

    Cliniques Universitaires Saint-Luc

    Importance

    Le glioblastome est la forme la plus courante du cancer du cerveau. Cette maladie grave ne peut être guérie que chez un nombre limité de patients. Il n’existe pas de traitement efficace en cas de récidive de la tumeur. Un médecin américain et un neurochirurgien allemand ont suggéré que la résistance courante du glioblastome à tout traitement serait due au nombre trop peu élevé de médicaments administrés simultanément, recourant à l’analogie du delta du Nil : le blocage d’un bras du delta n’a aucun effet sur le résultat final. Ils ont proposé d’administrer 9 médicaments agissant sur différentes cibles aux patients confrontés à une récidive de la tumeur. Dans le cadre de cet essai, nous avons vérifié cette hypothèse chez les patients atteints d’un glioblastome récurrent. Le but était d'évaluer si ce schéma pouvait être administré en toute sécurité et s’il entraînait la régression des tumeurs ou les empêchait de progresser.

    Résultats

    10 patients ont participé à l’étude entre 2016 et 2018. La combinaison de 9 médicaments associée à la chimiothérapie par témozolomide a été bien tolérée par l’ensemble des patients.

    Les premiers résultats ont montré une régression ou une stabilisation des tumeurs pendant plus de 6 mois chez 5 patients sur 10, 1 patient ayant été traité pendant plus de 2 ans. En 2019, un essai de suivi sera préparé avec les mêmes médicaments pour confirmer l’efficacité du traitement chez un nombre plus élevé de patients.

    Partenaire & Financement

    L'essai clinique a été coordonné par la Clinique Universitaire ULM. Le Fonds Anticancer a couvert le coût total de l'essai de 329.100 €

    Universitätsklinikum Ulm

    Des informations détaillées concernant l’ensemble des essais, y compris la conception de l’étude, le financement, les partenaires, la participation et les résultats sont disponibles sur notre site ou fournies sur demande via studies@anticancerfund.org

    ENGAGEMENT DANS LA POLITIQUE CONTRE LE CANCER

    Transposer les résultats des essais dans la pratique courante

    Nos essais cliniques ont pour but de proposer davantage d’options de traitement aux patients atteints d'un cancer. Le Fonds Anticancer est bien placé pour connaître les difficultés de transposer des recherches indépendantes dans la pratique clinicienne. Le Fonds Anticancer milite aujourd'hui activement au niveau européen pour encourager les responsables et les décideurs politiques à éliminer les obstacles qui empêchent les patients atteints d’un cancer d’accéder rapidement à des traitements fiables et efficaces. En outre, en sa qualité de courtier des connaissances, le Fonds Anticancer est particulièrement bien placé pour transmettre des messages, à la fois de la part du patient et de la communauté des chercheurs, aux décideurs.

    Libérer le potentiel des médicaments repositionnés

    Les essais cliniques en cours du Fonds Anticancer explorent principalement l’utilisation de médicaments existants destinés généralement à traiter des maladies non cancéreuses pour traiter le cancer. Cette stratégie, appelée réorientation des médicaments, recèle la promesse de traitements sûrs, abordables et efficaces accessibles aux patients atteints du cancer. Toutefois, la transposition des médicaments repositionnés (pour autant que leur efficacité soit prouvée) dans la pratique clinicienne habituelle est confrontée à d’importantes barrières réglementaires et financières. Le Fonds Anticancer milite en faveur de changements réglementaires au niveau européen en participant à des réunions de parties prenantes et à un groupe de travail multidisciplinaire appelé STAMP (groupe d’experts de la Commission européenne sur l’accès rapide et sûr des patients aux médicaments) afin de développer un processus de réorientation dans le cadre réglementaire actuel qui faciliterait l'apparition de nouvelles indications enregistrées.

    En février 2018, le Fonds Anticancer a invité les responsables politiques, les chercheurs universitaires, les payeurs, les régulateurs, les représentants du secteur et d'autres parties prenantes à une table ronde au Parlement européen (plus d'info). Ensemble, nous avons discuté d’une politique novatrice visant à rendre possible la réutilisation des médicaments dans le traitement du cancer. Cet événement était co-organisé par Alojz Peterle, membre du Parlement européen, et Lieve Wierinck, membre du groupe des députés européens contre le cancer.

    Roundtable European Parliament Drug Repurposing

    IMPACT SUR LE PATIENT

    Responsabiliser les patients grâce à l'information

    En 2018, nous avons continué d’exploiter les compétences développées à travers nos recherches pour informer les patients de leurs possibilités de traitement. L’équipe d'information du patient du Fonds Anticancer guide les patients individuels dans le labyrinthe médical en leur communiquant des informations indépendantes et scientifiquement prouvées concernant leurs maladies et les options de traitement disponibles. Nous avons également étendu l’équipe à trois oncologues médicaux, deux médecins et trois scientifiques.

    Projet Pilote My Cancer Navigator

    De septembre à décembre 2018, le Fonds Anticancer a évalué un service supplémentaire pour fournir des informations avec une approche plus personnelle et un contact direct avec un médecin. Après un processus pilote réussi et unique pour lequel 10 patients ont été enregistrés, nous examinons maintenant si un déploiement à grande échelle est financièrement réalisable. Ce service gratuit offre une valeur ajoutée à certains patients par rapport à la fourniture d'informations par téléphone ou e-mail, mais en même temps, cela demande beaucoup de travail et est donc coûteux. Nous sommes néanmoins convaincus de l’importance de la personnalisation et de la nécessité de ce service. Nous espérons trouver les bons partenaires et ressources financières pour maintenir cette offre en 2019.

    My Cancer Navigator

    Les patients peuvent envoyer leurs demandes sur les possibilités de traitement à patient@fondsanticancer.org

    FINANCEMENT

    Le Fonds Anticancer 2018

    Les donations ont un impact direct

    En 2018, nous avons reçu un montant total de 2.537.934 € provenant de donateurs individuels, de legs, de sociétés et autres initiatives sans but lucratif. Parmi ceux-ci, nous pouvons compter sur le soutien précieux et indéfectible de Filip Balcaen (Baltisse holding) depuis 2015. Les coûts opérationnels du Fonds Anticancer ont été couverts intégralement par son fondateur et président Luc Verelst, ce qui a permis d'affecter la totalité des autres dons, qu’ils soient publics et privés, exclusivement aux 3 domaines de spécialité : la recherche, la communication scientifique et l’information des patients et les activités politiques.

    Fondation d'Utilité Publique

    En 2018, le Fonds Anticancer est devenu une fondation d’utilité publique de droit belge, la reconnaissance officielle de tous les efforts consacrés à la réalisation d’un but altruiste bien défini : des traitements prometteurs contre le cancer, en donnant la priorité au patient. Par conséquent, notre budget est principalement consacré à la recherche et aux essais cliniques. Seul un petit nombre d’essais prometteurs, soigneusement sélectionnés par une équipe d’experts internes et externes peuvent être intégralement financés par le Fonds Anticancer. Pour d'autres essais, nous établissons des consortiums avec d’autres organisations, tout en apportant des contributions financières partielles. En 2018, 1.309.995 € ont été affectés aux recherches en cours. À la fin de l’année, 1.658.832 € ont été réservés à la poursuite des essais cliniques s’étendant bien au-delà d'un an.

    Nos chercheurs internes ont également aidé des scientifiques tiers à obtenir des subventions d'autres fondations, ce qui a également conduit à de nouvelles recherches. Nous n'avons pas inclus ces activités dans nos résultats financiers car les subventions allaient directement aux groupes de recherche exécutant.

    Malheureusement, nous avons encore une longue liste de traitements potentiels à explorer, et nous manquons de moyens financiers pour aborder tous les essais cliniques et étudier leur potentiel.

    Affectation de la contribution des donateurs

    Certains donateurs réservent leurs dons à un projet spécifique. 

    • 20.000 € ont été récoltés par Bazart au profit de My Cancer Navigator par le biais des recettes du concert donné lors de la Warmste Week organisée par la chaîne de radio flamande « Studio Brussel ».
    • Jolipa a fait un don de 24.000 € au profit de My Cancer Navigator.
    • 30.000 € ont été promis par La Loterie Nationale pour l’essai PRIMMO.
    • Un donateur anonyme a fait un don de 348.000 € au profit de l’essai PROSPER relatif au cancer pancréatique.
    • Des dons de 80.000 € et 150.000 € ont été promis par Alexine Clarysse et KickCancer respectivement pour financer l’essai METRO-PD1 relatif au cancer pédiatrique.