Tumeurs cérébrales

Résumé

Définition du gliome

• Les gliomes sont l’ensemble des tumeurs du système nerveux central, qui diffèrent selon les cellules d’origine du cerveau (astrocytes ou oligodendrocytes ou les deux) et leur degré d’agressivité (des moins aux plus agressifs : le gliome de bas grade → le gliome anaplasique → le glioblastome).
 

Diagnostic

• On suspecte la présence d’un gliome à l’apparition de plusieurs symptômes comme des convulsions, des changements de personnalité et de comportement, plusieurs types de problèmes neurologiques (incluant des problèmes de vue, des difficultés à parler, à comprendre ce qui est dit, la perte de force ou de sensations dans une partie du corps, ou des changements dans la démarche), ainsi que de symptômes associés à une pression accrue dans le crâne (migraines, nausées, vomissements et vertiges).
• L’imagerie par résonance magnétique (IRM) du cerveau est le test radiologique de référence pour la détection d’un gliome. Il permet aussi de déterminer l’étendue de la maladie et indique s’il est possible de retirer la tumeur chirurgicalement en toute sécurité.
• Il convient de recueillir un morceau de la tumeur (lors d’une résection chirurgicale ou d’une biopsie stéréotaxique/ouverte si la résection chirurgicale est impossible) et de réaliser des analyses en laboratoire afin de confirmer le diagnostic et obtenir plus de détails sur les caractéristiques moléculaires de la tumeur. La caractérisation moléculaire peut aider à définir le sous-type exact du gliome, à obtenir des informations sur l’issue probable du diagnostic (le « pronostic ») et à orienter les décisions de traitement.
 

Traitement

La chirurgie est le premier traitement de choix pour la majorité des gliomes nouvellement diagnostiqués ; en effet, une ablation chirurgicale aussi étendue que possible en toute sécurité est associée à de meilleurs résultats indépendamment du sous-type du gliome. Après la chirurgie, le traitement diffère selon le sous-type du gliome.
 

• Gliome de bas grade (grades I et II)

o La radiothérapie est le traitement postopératoire standard chez les patients dont les caractéristiques de la maladie suggèrent une forte probabilité de réapparition (récidive).
o La chimiothérapie a un rôle moins déterminant sur les gliomes de bas grade. Cependant, elle peut intervenir chez les patients qui ne sont pas considérés comme éligibles à une chirurgie et/ou radiothérapie, ou contre des tumeurs réapparaissant après la radiothérapie. Les patients dont la tumeur montre une caractéristique moléculaire spécifique (appelée « perte de matériel génétique sur les chromosomes 1p/19q ») semblent être particulièrement sensibles à la chimiothérapie, ce qui signifie que ce type de traitement a plus de chances d’être bénéfique chez eux.
 

• Gliome anaplasique (grade III)

o La radiothérapie suivie d’une chimiothérapie est le traitement postopératoire standard du gliome anaplasique.
o La radiothérapie seule peut intervenir contre les tumeurs oligodendrogliales anaplasiques sans perte de matériel génétique sur les chromosomes 1p/19q.
o Les études ont montré qu’une chimiothérapie seule après l’intervention chirurgicale, et l’administration d’une radiothérapie uniquement au moment de la progression de la maladie, avait le même résultat que la radiothérapie administrée après la chirurgie et la chimiothérapie administrée au moment de la progression de la maladie.
 

• Glioblastome (grade IV)

o L’association de la chimiothérapie à la radiothérapie (de manière « concurrente » ou « concomitante ») est le traitement standard après la chirurgie du glioblastome chez les patients de moins de 70 ans, ainsi que chez les patients plus âgés mais en bonne condition physique dont la tumeur donne un résultat positif pour une caractéristique moléculaire spécifique (présence de méthylation du promoteur du gène MGMT).
o La radiothérapie seule est préférable chez les patients plus âgés (plus de 70 ans) qui sont suffisamment en forme pour recevoir une chimioradiothérapie concurrente et/ou dont la tumeur donne un résultat négatif pour la présence de méthylation du promoteur du gène MGMT.
o La chimiothérapie seule est l’option de traitement préférable chez les patients âgés affaiblis dont la tumeur donne un résultat positif pour la présence de méthylation du promoteur du gène MGMT.

 

INFORMATION BASÉE SUR LES RECOMMANDATIONS DE L'ESMO
Ce guide pour les patients a été préparé par le Fonds Anticancer comme un service aux patients, afin de les aider ainsi que leurs proches à mieux comprendre les tumeurs cérébrales et à prendre conscience des meilleures options de traitement disponibles en fonction du sous‐type des tumeurs cérébrales. Nous recommandons aux patients de demander à leur médecin quels tests et quels types de traitement sont indiqués pour le type et le stade de leur maladie. Les informations médicales décrites dans ce document sont basées sur les recommandations de pratique clinique de l’European Society for Medical Oncology (ESMO) pour la prise en charge des tumeurs cérébrales. Ce guide pour les patients a été réalisé en collaboration avec l’ESMO et est diffusé avec l’autorisation de l’ESMO. Il a été écrit par un médecin et relu par 2 cancérologues de l’ESMO dont le cancérologue responsable des recommandations de pratique clinique pour les professionnels. Il a également été relu par des représentants de patients appartenant au groupe de travail de patients de l’ESMO (ESMO Cancer Patient Working Group).

Introduction

DEFINITION DU GLIOME

Les gliomes constituent un groupe de tumeurs malignes pouvant survenir n’importe où dans le système nerveux central (SNC), c’est-à-dire, dans le cerveau ou moins fréquemment, dans la moelle épinière (voir illustration ci-dessous). Ces tumeurs sont caractérisées par un modèle de croissance infiltrant et/ou une tendance à s’étendre localement dans le SNC. L’expansion de la tumeur à l’extérieur du cerveau n’intervient généralement pas.


Anatomie du cerveau, montrant le télencéphale, le cervelet, le tronc cérébral et d’autres parties de l’encéphale. La partie supérieure de la moelle épinière est également représentée.
 

Après l’examen histopathologique, les gliomes sont généralement nommés selon le type des cellules nerveuses dont ils dérivent (astrocytes, oligodendrocytes ou cellules épendymaires).
La classification des gliomes s’effectue sur une échelle de I à IV (1 à 4) qui reflète la vitesse de croissance de la tumeur ainsi que son agressivité. Les tumeurs de grade I, qui surviennent principalement durant l’enfance, sont associées au meilleur pronostic. Le grade II (gliomes de bas grade) caractérise des tumeurs à croissance lente et infiltrante, avec un pronostic intermédiaire. Par contre, les tumeurs de grade III (anaplasiques) et de grade IV (glioblastomes) sont considérées comme des gliomes de grade élevé, car elles sont agressives et présentent généralement un pronostic moins favorable. Ce guide est consacré particulièrement à la prise en charge des gliomes de bas grade, des gliomes anaplasiques et des glioblastomes. Le tableau ci-dessous offre un aperçu des principaux types de gliomes en fonction des cellules dont ils dérivent et de leur grade.

Cellules d'origine* Nom de la tumeur** Grade Observations
Astrocytes Astrocytome I à IV Les tumeurs de grades I et II sont appelées astrocytomes de bas grade.
Les tumeurs de grades III et IV sont appelées astrocytomes de haut grade.
Les tumeurs de grade III sont aussi appelées astrocytomes anaplasiques.
Les tumeurs de grade IV sont aussi appelées glioblastomes.
Oligodendrocytes Oligodendrogliome II ou III Les tumeurs de grade II sont appelées oligodendrogliomes de bas grade.
Les tumeurs de grade III sont appelées oligodendrogliomes de haut grade ou anaplasiques.
Mixte (astrocytes et oligodendrocytes) Oligoastrocytome II ou III Les tumeurs de grade II sont appelées oligoastrocytomes de bas grade.
Les tumeurs de grade III sont appelées oligoastrocytomes de haut grade ou anaplasiques.
*Les cellules épendymaires sont un troisième type de cellules gliales. De rares tumeurs appelées épendymomes (grade I à III) peuvent dériver de ces cellules. Les informations sur le traitement de ces tumeurs ne figurent pas dans ce guide.
**Il existe de nombreux sous-types de ces tumeurs. Ils sont classés et nommés selon des caractéristiques spécifiques apparaissant au microscope et/ou leur emplacement dans le cerveau. Par exemple, les gliomes des voies optiques sont des gliomes de bas grade dérivés d’astrocytes situés dans le nerf optique ou dans les voies optiques.

Remarque importante concernant d’autres types de tumeurs cérébrales

Tumeurs cérébrales secondaires, également appelées métastases cérébrales
Des cancers qui se sont initialement développés dans d’autres organes du corps (par exemple, dans le poumon ou le sein) peuvent se propager dans le cerveau. Dans ce cas, la tumeur « secondaire » trouvée dans le cerveau est appelée « métastase » par opposition à une tumeur cérébrale primaire qui s’est développée initialement dans l’encéphale. La prise en charge des métastases cérébrales est différente de celle des tumeurs cérébrales primaires.
 

Autres types de tumeurs primaires du cerveau
Il existe aussi d’autres types de tumeurs du cerveau. Les autres types les plus fréquents sont les méningiomes qui se développent à partir des méninges et les adénomes de l’hypophyse, qui se développent à partir des cellules de cette glande. Les autres types incluent l’épendymome, les tumeurs primitives neuroectodermales et le médulloblastome, qui sont des tumeurs rares touchant principalement les enfants. La prise en charge de toutes ces tumeurs étant différente de celle des gliomes, elle ne sera pas abordée dans ce guide.

Fréquence

LE GLIOME EST-IL FREQUENT ?

Le gliome est considéré comme un cancer rare, car il affecte moins de 6 personnes sur 100 000 chaque année. Cependant, les gliomes représentent 80 % de toutes les tumeurs du système nerveux central. Les gliomes peuvent toucher les personnes de tout âge, y compris les enfants, les adolescents et les jeunes adultes, bien qu’ils soient plus fréquents chez les quinquagénaires et les sexagénaires. Dans le monde entier, trois femmes et quatre hommes sur 100 000 sont diagnostiqués chaque année avec une tumeur touchant le système nerveux central. En Europe, cinq femmes et six hommes sur 100 000 sont touchés chaque année. L’Europe présente un des taux d’occurrence les plus élevés par an. En Europe, les occurrences les plus élevées sont observées en Suède et en Albanie (10 pour 100 000) et les plus basses à Chypre et en Moldavie (moins de quatre pour 100 000).
En moyenne, un Européen sur 150 et une Européenne sur 200 développeront une tumeur du système nerveux central à un moment de leur vie (dont 80 % seront des gliomes malins).

 

Étiologie

QUELLES SONT LES CAUSES DU GLIOME ?

Avant d’examiner les principaux facteurs de risque pouvant prédisposer au développement d’un gliome, il est important de préciser qu’un facteur de risque augmente le risque d’apparition d’un cancer, mais n’est ni nécessaire ni suffisant pour causer la maladie. Un facteur de risque n’est pas une cause en soi. Par conséquent, certaines personnes présentant ces facteurs de risque ne développeront jamais de gliome, tandis que d’autres personnes ne présentant aucun de ces facteurs développeront tout de même cette maladie.

En tout état de cause, à l’heure actuelle, on ne peut expliquer précisément pourquoi un gliome survient et très peu de facteurs de risques ont été identifiés. D’une manière générale, les gliomes sont légèrement plus fréquents chez les hommes que chez les femmes, et chez les populations blanches que noires. Facteurs de risque reconnus des gliomes :

• Les rayonnements ionisants
Il s’agit d’un facteur de risque environnemental établi, car documenté par l’observation : les personnes exposées aux bombes atomiques et aux essais nucléaires présentent un risque accru de développer un gliome. Les personnes ayant reçu une irradiation crânienne comme traitement contre le cancer durant leur enfance présentent aussi un risque accru de développer un gliome plusieurs années, ou même plusieurs décennies plus tard.

• Les antécédents familiaux
Des antécédents familiaux de gliomes (c’est-à-dire, un ou plusieurs cas de gliomes dans la même famille) sont associés à deux fois plus de risques de développer un gliome.

• Des syndromes génétiques
Un certain nombre de syndromes héréditaires rares sont associés à un risque plus élevé de développer des cancers de manière générale, principalement en raison de la présence d’une ou de plusieurs mutations génétiques. De façon significative, certains de ces syndromes héréditaires peuvent présenter un risque accru de gliome, comme le syndrome de Cowden, le syndrome de Turcot, le syndrome de Lynch, le syndrome de Li-Fraumeni et la neurofibromatose de type I.

On pense que d’autres facteurs peuvent être associés à un risque accru de gliome, mais les éléments probants sont contradictoires. C’est le cas de l’exposition au téléphone cellulaire, pour laquelle les études épidémiologiques (recherche de liens, de causes et d’effets concernant la santé et des maladies spécifiques au sein d’une population) n’ont pas réussi à démontrer avec certitude un lien avec un risque accru de gliome. Les éléments probants sont également contradictoires concernant d’autres facteurs soupçonnés d’augmenter le risque de gliome comme les traumatismes crâniens, l’aspartame ou une exposition aux pesticides.

 

 

Diagnostic

COMMENT LE GLIOME EST-IL DIAGNOSTIQUE ?
 

Les signes et symptômes

On peut soupçonner un gliome en présence de différents symptômes. Cependant, il est important de savoir que ces symptômes dépendent en grande partie du type de gliome ainsi que de son emplacement exact dans le système nerveux central. L’illustration ci-contre représente les différents lobes de l’hémisphère gauche du cerveau. Le cerveau possède en effet deux hémisphères et chaque lobe de chaque hémisphère est responsable d’une multitude de fonctions. Par conséquent, la liste des symptômes figurant ici est loin d’être exhaustive. Néanmoins, dans un effort de simplification, il est possible d’observer généralement les signes et symptômes suivants seuls, ou associés, au moment du premier diagnostic ou ultérieurement, durant l’évolution de la maladie.

• Des convulsions
Il s’agit des symptômes les plus courants, et souvent les plus pénibles, des gliomes. Les convulsions apparaissent surtout chez les patients avec des tumeurs à évolution lente comme les gliomes de bas grade. Une crise de convulsions peut causer des tremblements ou des contractions musculaires dans une main, un bras ou une jambe. Cependant, des convulsions peuvent aussi toucher l’ensemble du corps, avec des mouvements assez violents et incontrôlables, accompagnés parfois d’une perte de conscience. Une crise de convulsions peut être un événement très effrayant et il est donc important que les proches ou les personnes qui en sont témoins ne paniquent pas. La connaissance de la marche à suivre quand une personne est atteinte de convulsions permet de réduire la peur et le risque de blessure potentielle du patient.
• Des problèmes neurologiques (« déficits »)
Ceux-ci dépendent largement du ou des lobes du cerveau qui sont affectés. Des problèmes de vue peuvent survenir si le lobe occipital (en bleu) est touché. Des difficultés à parler ou à comprendre ce qui est dit ainsi que la perte d’une fonction (force) ou de sensibilité d’une partie du corps apparaissent quand le lobe frontal (en jaune) ou le lobe pariétal (en rouge) sont atteints. Des changements de personnalité ou de comportement comme l’apathie, la perte d’initiative et la perte du contrôle émotionnel/perte d’inhibition peuvent se présenter si le lobe frontal (en jaune) est concerné. Enfin, une perte de mémoire est souvent associée à l’atteinte du lobe temporal (en vert), tandis qu’un manque de coordination et des mouvements incontrôlés des yeux peuvent être les signes que la maladie évolue dans le cervelet. L’apparition du gliome dans la moelle épinière peut se traduire par des douleurs, un engourdissement ou une faiblesse de la partie inférieure du corps, parfois accompagnés d’une perte de contrôle de la vessie et des intestins.
• Les symptômes résultant d’une pression accrue dans la boîte crânienne
Ces symptômes sont typiques des gliomes de haut grade. Ils apparaissent parce que la tumeur se développe rapidement dans le cerveau qui est contenu à l’intérieur de l’espace fermé du crâne. Cela peut entraîner des maux de tête, des nausées, des vomissements, une vision double et de la somnolence.
• Des accidents thrombo-emboliques
Les accidents thrombo-emboliques, qui sont dus à la formation de caillots dans la circulation sanguine, sont fréquents chez les patients atteints d’un gliome. Plusieurs raisons expliquent cela. Les patients atteints d’un gliome présentent souvent des facteurs de risque couramment associés au développement de thromboses tels que des déficits moteurs et/ou l’immobilité, et après le diagnostic, le traitement par chimiothérapie. Les symptômes associés à la thrombose diffèrent largement en fonction du site atteint et leur liste dépasse le cadre de ce guide pour patients.
 

L’examen clinique

La partie la plus importante de l’examen clinique est de tester du système nerveux central si on soupçonne ou diagnostique la présence d’un gliome. Cependant, un examen physique général (par exemple, des seins, de l’abdomen, de la peau) est également important pour exclure tout signe de cancer ailleurs dans le corps. Pour ce qui est de l’examen neurologique, le médecin peut vous poser des questions et réaliser des tests simples. L’examen neurologique comprend généralement les éléments suivants :

• Le test de vos forces en pressant les mains du médecin ou en poussant la main du médecin avec vos pieds.
• La vérification de la présence de sensations normales dans tout le corps.
• Un test consistant à toucher votre nez avec le doigt alors que vos yeux sont fermés.
• Marcher sur une ligne droite à la demande du médecin.
• Répondre à des questions simples.
• Suivre des yeux le doigt du médecin.
• Répondre à des questions concernant votre audition et votre vue.
 

L’examen radiologique

Les examens radiologiques sont essentiels pour détecter un gliome et définir son emplacement et sa mesure avec exactitude. Comme le gliome ne se métastase pas dans des organes distants, l’imagerie qui diagnostique se limite au cerveau.

• La scanographie du cerveau
Cet examen radiologique est souvent le premier pratiqué quand les médecins soupçonnent la présence d’une tumeur cérébrale. En effet, ces tumeurs sont bien visibles avec ce type d’imagerie. L’injection d’un produit de contraste, c’est-à-dire d’un produit colorant, dans votre circulation sanguine avant l’examen permet d’obtenir une image plus précise du cerveau. Il est très important d’avertir votre médecin si vous avez déjà eu des réactions allergiques avec un produit de contraste.
• L’IRM du cerveau
L’IRM est l’examen de référence pour le diagnostic radiologique du gliome. Par rapport à la scanographie, l’IRM offre une image beaucoup plus détaillée du cerveau. De la même façon qu’avec la scanographie, l’IRM est réalisée après l’injection d’un produit de contraste. Il est très important d’avertir votre médecin si vous avez du métal à l’intérieur de votre corps, car cela vous interdit de passer une IRM.


L’examen anatomopathologique

Il s’agit de l’étude en laboratoire des cellules tumorales. Il peut être pratiqué sur des tumeurs retirées par chirurgie ou par biopsies réalisées par procédure stéréotaxique (voir les options de traitement) sur des gliomes inopérables chirurgicalement. L’examen hispathologique est la seule méthode pouvant confirmer de façon absolue un diagnostic de gliome. En général, plus on dispose de tissu tumoral, plus le diagnostic est précis. Cependant, l’examen hispathologique peut offrir des résultats plus précis quand il est pratiqué dans des centres expérimentés où les pathologistes (les médecins spécialisés qui examinent les tissus après leur ablation) possèdent une expérience approfondie de l’analyse des tumeurs cérébrales. Par conséquent, une analyse détaillée des cellules tumorales par un neuropathologiste est cruciale.

 

 

Traitement

QUE FAUT-IL IMPERATIVEMENT SAVOIR POUR TROUVER LE TRAITEMENT OPTIMAL ?
 

Les médecins doivent prendre en compte de nombreux aspects vous concernant et concernant votre type de tumeur cérébrale afin de décider du meilleur traitement.

Les informations pertinentes vous concernant

Votre âge
Votre indice de performance, c’est-à-dire, un indicateur de votre état physique général qui est influencé par la présence et la gravité des symptômes liés à la tumeur.
Vos antécédents médicaux personnels et familiaux, incluant le type et le nombre des autres maladies.
Les résultats de vos examens sanguins (par exemple, numération des globules blancs, des globules rouges, des plaquettes, fonctions hépatique et rénale).
 

Les informations pertinentes concernant votre tumeur cérébrale

• L’examen histopathologique
L’examen histopathologique des gliomes sert de base pour orienter le traitement optimal. Il est possible généralement de classer les gliomes selon leur grade en gliomes de bas grade, en gliomes anaplasiques et en glioblastomes. De plus, les gliomes de bas grade et les gliomes anaplasiques peuvent être classés selon le type des cellules dont ils dérivent, à savoir les astrocytes, les oligodendrocytes ou les deux. Il convient de noter que les épendymomes, des gliomes dérivant de cellules épendymaires, existent également, mais ne sont pas traités dans le cadre de ce guide.
Cette classification se traduit par différentes approches de traitement ainsi que par différents pronostics généraux, qui se fondent normalement sur les statistiques. Les statistiques sont un outil servant à comparer les traitements et à décrire ce qui s’est passé dans différents groupes de personnes ayant plusieurs types de tumeurs. Cependant, elles ne sont pas en mesure de prédire exactement combien de temps va vivre une personne, ce qui signifie que les patients ne doivent pas les considérer comme un indicateur totalement fiable de leur durée de vie après le diagnostic. Il est préférable de discuter du pronostic individuel au cas par cas, avec des spécialistes des tumeurs cérébrales. Pour donner une idée générale sur le pronostic, les statistiques nous apprennent que plus le grade de la tumeur est bas, meilleur est le pronostic. Mais il y a des exceptions à ces statistiques et même des cas de survivants à très long terme atteints d’astrocytomes anaplasiques ou de glioblastomes.

o Oligodendrogliomes de grade II
o Oligodendrogliomes anaplasiques (aussi appelés grade III)
o Astrocytomes de grade II
o Astrocytomes anaplasiques (aussi appelés grade III)
o Glioblastomes (aussi appelés grade IV)

En plus du grade et du sous-type, les autres facteurs établis de pronostic incluent votre âge, votre indice de performance, la possibilité de résection de la tumeur, votre état physique général et vos fonctions cognitives (vos capacités et processus mentaux). Les progrès récents réalisés dans la découverte des marqueurs tumoraux (voir l’explication ci-dessous) ont permis de prédire un meilleur résultat pour les gliomes malins avec des caractéristiques tumorales spécifiques.
 

• Les marqueurs moléculaires de la tumeur

Le médecin doit intégrer les marqueurs suivants dans son analyse, car ils peuvent apporter des informations sur le pronostic de la tumeur ou aider dans le choix du traitement.

o La perte de matériel génétique sur les chromosomes 1p/19q
La détection de ce marqueur est importante pour confirmer le diagnostic du gliome avec une composante oligodendrogliale (oligodendrobliome pur ou oligoastrocytome mixte). Il permet aussi d’identifier une tumeur à évolution lente et qui présente une sensibilité particulière à la radiothérapie et aussi à la chimiothérapie.
o La mutation du gène IDH1 ou IDH2
Une mutation de ce gène est souvent présente dans les gliomes à bas grade ou anaplasiques, où elle est associée à un meilleur taux de survie indépendamment du traitement. Sa présence dans les gliomes de haut grade (gliomes anaplasiques ou glioblastomes) suggère que ces tumeurs se sont développées à partir d’un gliome précédent de bas grade. Par conséquent, les tumeurs de haut grade présentant une mutation du gène IDH ont généralement un meilleur pronostic que les gliomes de haut grade sans mutation IDH.
o La méthylation du promoteur du gène MGMT
La présence de ce marqueur reflète l’incapacité de la tumeur à réparer les dommages de l’ADN produits par certaines chimiothérapies à base d’agents alkylants, notamment le témozolomide. Par conséquent, lorsque cette mutation est observée dans un glioblastome, cela suggère que la tumeur est plus sensible au témozolomide (voir les options de traitement).
 

QUELLES SONT LES OPTIONS DE TRAITEMENT DISPONIBLES ?
 

La chirurgie

Indépendamment du sous-type de gliome, la chirurgie (la résection chirurgicale ou la biopsie stéréotaxique/ouverte ) représente un élément essentiel du traitement de tous les gliomes nouvellement diagnostiqués .

• La résection chirurgicale
La résection chirurgicale de la tumeur est le traitement initial recommandé pour la majorité des gliomes. La chirurgie a pour but d’être aussi complète que possible. Cela est motivé par la démonstration qu’une résection maximale de la tumeur se traduisait par une survie plus longue et permettait d’administrer des traitements postopératoires plus efficaces. Mais si une opération chirurgicale aussi radicale risque d’altérer des fonctions neurologiques, elle doit viser à retirer le plus de tumeur possible en épargnant les tissus sains.
Par ailleurs, l’ablation chirurgicale de la tumeur doit fournir une quantité suffisante de tissu pour un diagnostic histopathologique précis et une caractérisation moléculaire de la tumeur.
• La biopsie stéréotaxique/ouverte
Si la chirurgie est impossible en toute sécurité, notamment en raison de l’emplacement de la tumeur (par exemple, dans une zone inaccessible chirurgicalement ou présentant un risque élevé d’altération importante de fonctions neurologiques) ou d’un état clinique détérioré, il est possible d’envisager une biopsie stéréotaxique ou ouverte pour prélever du tissu pour le diagnostic. La biopsie ne traite pas la tumeur, mais l’analyse des tissus retirés par biopsie permet d’établir le meilleur traitement. Une biopsie stéréotaxique est la manière la moins invasive de prélever un échantillon de tissu, alors qu’une biopsie ouverte est une intervention chirurgicale utilisant une anesthésie locale ou générale pour retirer le tissu requis pour le diagnostic. Pratiquée par un médecin expérimenté, une biopsie stéréotaxique fournit suffisamment de tissu pour établir un diagnostic histopathologique correct dans plus de 95 % des cas. Cependant, pour fournir le plus de tissus possible pour le diagnostic comme pour la caractérisation moléculaire, la biopsie ouverte reste préférable.
 

La radiothérapie et/ou la chimiothérapie

Les traitements postopératoires consistent principalement en une chimiothérapie et/ou une radiothérapie. Leur mise en œuvre dépend néanmoins du sous-type du gliome.

• Les gliomes de bas grade (grade I et II selon l’OMS) 
Les gliomes de bas grade comprennent les types histologiques de l’astrocytome, de l’oligodendrogliome et de l’oligoastrocytome.

 

o La radiothérapie
La radiothérapie postopératoire est le traitement standard des gliomes de bas grade. Elle est généralement administrée durant 28 sessions s’étendant sur 6 semaines. En fait, tous les patients ayant subi une résection chirurgicale d’un gliome de bas grade ne sont pas obligatoirement traités par radiothérapie. En effet, certains d’entre eux peuvent présenter une évolution plus longue ou plus lente de la maladie, même en l’absence d’un traitement postopératoire.
La radiothérapie postopératoire doit pourtant être envisagée en présence de trois ou plus des facteurs suivants qui suggèrent une probabilité plus élevée de récidive de la tumeur :

• Une tumeur dont le diamètre dépasse 5 cm ;
• Un âge supérieur à 40 ans ;
• L’absence d’une composante oligodendrogliale à l’examen histopathologique ;
• Une tumeur s’étendant un hémisphère cérébral à l’autre ;
• La présence de déficits neurologiques avant l’intervention.

o La chimiothérapie
Une chimiothérapie par témozolomide administrée oralement est l’option de traitement recommandée pour les patients qui ne sont pas éligibles à une résection chirurgicale et/ou à une radiothérapie en raison de l’emplacement de la tumeur et/ou la dimension/l’aspect de la tumeur à l’IRM. Par ailleurs, il est possible d’utiliser le témozolomide si la maladie réapparaît après la radiothérapie. Certains éléments probants issus de la recherche montrent que les tumeurs présentant une perte de matériel génétique sur les chromosomes 1p/19q sont plus sensibles à la chimiothérapie que les gliomes de bas grade non porteurs de cette modification génétique.
 

• Les gliomes anaplasiques (grade III de l’OMS)
Comme les gliomes de bas grade, les gliomes anaplasiques comprennent les types histologiques de l’astrocytome, de l’oligodendrogliome et de l’oligoastrocytome. Cependant, ils diffèrent des gliomes de bas grade en raison de caractéristiques histologiques et/ou radiologiques qui suggèrent un comportement agressif de la tumeur.

o La radiothérapie
La radiothérapie postopératoire est le traitement standard des astrocytomes anaplasiques. Elle est généralement administrée durant 33 sessions s’étendant sur 6,5 semaines. La radiothérapie seule peut être envisagée contre les oligodendrogliomes anaplasiques et les oligoastrocytomes sans perte de matériel génétique des chromosomes 1p/19q. D’autre part, une radiothérapie administrée avant ou après la chimiothérapie doit être envisagée pour les oligodendrogliomes et les oligoastrocytomes avec perte de matériel génétique des chromosomes 1p/19q.

o La chimiothérapie
Il convient d’envisager une chimiothérapie postopératoire par témozolomide, un médicament chimiothérapeutique administré oralement, ou par un schéma thérapeutique à trois médicaments appelé PCV (procarbazine, lomustine et vincristine) comme alternative à la radiothérapie pour les gliomes anaplasiques. Entre les deux schémas thérapeutiques, le témozolomide est préférable, car il est mieux toléré et plus facile à administrer. La perte de matériel génétique sur les chromosomes 1p/19q identifie les tumeurs anaplasiques avec une composante oligodendrogliale qui sont plus sensibles à la chimiothérapie avec ou sans radiothérapie.
 

• Les glioblastomes (grade IV de l’OMS)
Le traitement postopératoire d’un glioblastome dépend de vos caractéristiques (par exemple votre âge, votre indice de performance) et des caractéristiques histopathologiques/moléculaires de votre tumeur (par exemple, le statut MGMT de la tumeur).

o Chimioradiothérapie concurrente
L’administration concurrente de chimiothérapie pendant une radiothérapie, puis d’une chimiothérapie seule pendant un laps de temps après la radiothérapie est le traitement postopératoire standard des patients atteints d’un glioblastome avant 70 ans. C’est également l’approche recommandée pour les patients de plus de 70 ans dont la tumeur donne un résultat positif pour la méthylation du promoteur du gène MGMT.

►La chimiothérapie comprend un médicament administré oralement appelé témozolomide qui agit en interférant avec le mécanisme de réplication de l’ADN des cellules cancéreuses. Le témozolomide est administré quotidiennement depuis le premier jour de la radiothérapie et durant toute la durée de celle-ci. À la fin de la radiothérapie, après une courte interruption du traitement (environ quatre semaines), le traitement par témozolomide est repris avec un dosage plus élevé pendant au moins six cycles (six mois). Bien que l’ajout de témozolomide à la radiothérapie soit bénéfique chez la plupart des patients atteints de glioblastome, il est important de savoir que ce bénéfice est optimal chez ceux dont la tumeur est détectée positive au test de méthylation du gène MGMT.
►La radiothérapie est administrée de manière concurrente avec le témozolomide cinq jours par semaine durant un total de six semaines, c’est-à-dire en 30 sessions séparées.

o La radiothérapie
Les patients de plus de 70 ans qui ne sont pas éligibles à une chimioradiothérapie concurrente en raison d’un indice de performance détérioré et/ou parce que leur tumeur a été testée négative au test de méthylation du gène MGMT sont traités de manière plus appropriée par une radiothérapie seule utilisant un schéma hypofractionné. Un schéma hypofractionné consiste à administrer des doses quotidiennes plus élevées de radiothérapie sur une période de temps plus courte. La radiothérapie hypofractionnée seule convient également aux patients plus âgés dont on ne dispose pas du statut du gène MGMT.

o La chimiothérapie seule
Les patients de plus de 70 ans qui ne sont pas éligibles pour une chimioradiothérapie concurrente peuvent être traités de manière adéquate avec une chimiothérapie par témozolomide à condition que leur tumeur ait été testée positive pour la méthylation du gène MGMT.
 

Les médicaments destinés à soulager les symptômes d’un gliome

Les symptômes et les signes mentionnés dans la section consacrée au diagnostic peuvent s’améliorer ou même disparaître si les traitements utilisés pour soigner le gliome sont efficaces (voir les options de traitement décrites précédemment). Les médicaments suivants peuvent cependant être administrés pour un contrôle effectif, du moins partiellement, des symptômes de la tumeur :

• Des médicaments antiépileptiques
Les antiépileptiques sont des médicaments très efficaces pour les patients qui font des crises de convulsions. Cependant, ils ne doivent pas servir à prévenir les convulsions chez les patients qui n’en ont jamais eu. Il existe plusieurs types de médicaments antiépileptiques. Mais seuls quelques-uns d’entre eux offrent l’avantage de ne pas interagir avec les agents chimiothérapeutiques couramment prescrits (la lamotrigine, le lévétiracétam, la prégabaline ou le topiramate). Ceci étant dit, des études cliniques ont montré que le témozolomide pouvait être administré en toute sécurité avec tous les types de médicaments antiépileptiques.
• Les corticostéroïdes
Les corticostéroïdes soulagent les symptômes des patients en réduisant l’inflammation associée à la tumeur (l’œdème) qui se forme habituellement autour d’elle et contribue à renforcer les symptômes en augmentant la pression intracrânienne. Ils sont par conséquent indiqués si l’œdème est détecté au cours d’examens radiologiques ou si le médecin responsable décide de démarrer un tel traitement sur la base de signes et de symptômes indiquant une augmentation de la pression intracrânienne. Malheureusement, l’inconvénient des corticostéroïdes réside dans leur utilisation à long terme qui peut être associée à des effets secondaires (par exemple, un syndrome de Cushing, une maladie caractérisée par l’accumulation de graisse sur les côtés du visage, lui donnant un aspect arrondi, ainsi que par une augmentation de la glycémie, qui doit donc être contrôlée à chaque visite, par un risque accru d’infection, par de l’ostéoporose, une faiblesse musculaire et une mauvaise guérison des plaies). C’est pourquoi, lors de l’amélioration des symptômes, il convient de réduire progressivement le dosage des corticostéroïdes afin de trouver la dose efficace la plus basse possible ou d’arrêter le traitement si les symptômes et/ou l’œdème disparaissent à cause du traitement efficace de la tumeur.
• Des anticoagulants
Les anticoagulants à base de dérivés de la coumadine (par exemple, la warfarine) sont envisageables chez les patients atteints d’un gliome et subissant des accidents thrombo-emboliques, bien que l’héparine de bas poids moléculaire soit souvent préférable en raison de son profil de sécurité favorable.
 


QUELS SONT LES EFFETS SECONDAIRES EVENTUELS DES TRAITEMENTS ?

Cette section présente les effets secondaires les plus courants de la chirurgie, de la radiothérapie et de la chimiothérapie. Toutefois, cette liste n’est pas exhaustive. Par conséquent, vous devez discuter longuement avec votre médecin des effets secondaires potentiels liés aux traitements proposés.

La chirurgie

• L’épilepsie
Certaines personnes subissent des crises de convulsions la première semaine après l’intervention chirurgicale, mais cela ne signifie pas que l’opération a été un échec. Des crises de cette nature peuvent intervenir après l’opération en raison du stress direct subi par le cerveau lors de l’intervention chirurgicale. D’autre part, si les crises de convulsions étaient l’un des symptômes de la présence de la maladie, elles devraient s’améliorer ou même disparaître au fil du temps après l’opération. Cependant, la mesure de la réussite de votre intervention peut prendre du temps en ce qui concerne l’amélioration des crises de convulsions.
• Des hémorragies
Il existe une possibilité d’hémorragie intracrânienne postopératoire dans le cas où une ablation chirurgicale d’un gliome a été pratiquée. Cette hémorragie provoque une augmentation de la pression intracrânienne. Cette augmentation de pression à l’intérieur ou à l’extérieur du cerveau ainsi que sur les structures environnantes peut, dans des cas néanmoins rares, atteindre des niveaux alarmants menant à une perte de conscience ou à d’autres complications graves.
• Des déficits neurologiques
S’ils étaient présents au moment du diagnostic, les déficits neurologiques s’améliorent habituellement après l’intervention chirurgicale. Cependant, l’ablation de tissus tumoraux dans le cerveau conduit parfois également à l’ablation de tissus sains non affectés, ce qui peut provoquer des déficits neurologiques. Ceux-ci sont très variables en nature et en gravité, et peuvent être temporaires ou permanents. Les symptômes disparaissent progressivement en quelques mois dans les cas temporaires, mais si les tissus ont été lésés définitivement, une rééducation peut s’avérer nécessaire. Dans certains cas, des lésions du tissu cérébral peuvent aussi modifier la personnalité ou provoquer des changements d’humeur.
• Des infections
Pour accéder à la tumeur cérébrale, le chirurgien retire provisoirement un morceau du crâne de son emplacement dans des conditions stériles. Néanmoins, des bactéries peuvent avoir accès au cerveau lors de l’intervention et les risques d’infections du cerveau sont alors élevés. Pour prévenir ce type d’infection, un antibiotique est administré par voie intraveineuse au patient pendant l’opération. Comme le chirurgien incise la peau et pratique une ouverture dans le crâne, il existe toujours une possibilité d’infection au niveau de la peau ou du crâne. Un traitement antibiotique approprié est lancé immédiatement pour traiter l’infection dans de tels cas.
• Une fuite du liquide cérébro-spinal (LCS)
Une chirurgie du cerveau peut provoquer une fuite du liquide cérébro-spinal qui est produit par le cerveau. Les symptômes les plus courants sont des migraines, un goût salé dans la gorge ou un écoulement aqueux depuis le nez (généralement d’une seule narine) ou depuis l’emplacement de la plaie. Cependant, une fuite du liquide cérébro-spinal peut aussi ne présenter aucun symptôme. Une fuite du liquide cérébro-spinal doit être traitée très rapidement, car elle augmente le risque d’infection bactérienne du cerveau (méningite ou abcès).
 

La radiothérapie

• Effets secondaires apparaissant de manière précoce
Ces effets secondaires surviennent généralement moins de six mois après la fin de la radiothérapie. Ils comprennent souvent des nausées/vomissements, des maux de tête, une aggravation des déficits neurologiques existants (en raison du gonflement induit par la radiothérapie appelé « œdème » ) et la perte de cheveux dans la zone irradiée, ainsi que sur le côté opposé de la tête traversé par les rayons de la radiothérapie. Chez les patients atteints d’un gliome, la radiothérapie peut aussi causer une augmentation du risque de convulsions qui sont l’une des réactions du cerveau vis-à-vis du traitement.
• Effets secondaires apparaissant de manière tardive
Ces effets secondaires surviennent généralement après les six mois suivant la fin de la radiothérapie. Les plus courants comprennent la radionécrose (la mort du tissu cérébral sain dans la zone irradiée) qui, dans certains cas, peut provoquer des symptômes associés à une augmentation de la pression intracrânienne (par exemple, des migraines, des nausées et de la somnolence) et/ou des déficits neurologiques. Les effets secondaires tardifs peuvent inclure une perte partielle de la mémoire à court terme, dont la survenance dépend strictement de la zone du cerveau qui a été irradiée (par exemple, le lobe temporal).
 

La chimiothérapie

Les effets secondaires de la chimiothérapie varient en fréquence et en gravité en fonction du type d’agents ou des schémas thérapeutiques appliqués. C’est pourquoi nous vous encourageons à discuter avec votre médecin des principaux effets secondaires associés au schéma de chimiothérapie proposé.
Cependant, les effets secondaires habituels de la chimiothérapie incluent généralement la perte d’appétit, de la fatigue, la perte de cheveux, des nausées et/ou des vomissements, une sensibilité accrue aux infections et des saignements. Il est important de noter que personne ne subit les mêmes effets secondaires ou ne les rencontre dans la même mesure. Vous trouverez ci-après certains effets secondaires de la plupart des médicaments chimiothérapeutiques couramment administrés pour le traitement des gliomes.

• Le témozolomide
Ce médicament chimiothérapeutique administré oralement peut entraîner une réduction du nombre de plaquettes, un de ses effets secondaires plus fréquents. Les plaquettes sont des cellules sanguines dont la fonction est d’arrêter les hémorragies. Par conséquent, le risque d’hémorragie peut augmenter durant une chimiothérapie par témozolomide. C’est pourquoi la numération des plaquettes doit être surveillée et évaluée précisément au début et pendant le traitement par témozolomide.
Les nausées et/ou les vomissements sont d’autres effets secondaires courants du témozolomide. Ceux-ci peuvent être évités en grande partie avec des médicaments antiémétiques (anti-nausées et anti-vomissements) qui doivent être administrés avant la prise de témozolomide.
Enfin, un des rares effets secondaires du témozolomide est la pneumonie due à des agents pathogènes opportunistes. Le témozolomide peut en effet affaiblir le système immunitaire en réduisant le nombre de lymphocytes, un sous-type de globules blancs. Cela peut entraîner une pneumonie mortelle causée par les microbes qui affectent uniquement les patients immunodéprimés.
• Le schéma thérapeutique PCV (procarbazine, lomustine et vincristine)
Ces médicaments sont généralement administrés ensemble (administration orale pour la procarbazine et la lomustine, et administration intraveineuse pour la vincristine).
La procarbazine et la lomustine peuvent souvent entraîner une réduction du nombre de globules blancs, qui sont des cellules du sang impliquées dans la protection du corps contre les infections. Le nombre de plaquettes peut aussi diminuer. C’est pourquoi il faut surveiller et évaluer précisément les numérations globulaires au début et pendant le traitement par procarbazine, lomustine et vincristine.
La vincristine peut entraîner une neuropathie périphérique, c’est-à-dire l’apparition progressive et souvent irréversible de picotements, d’engourdissements et de douleurs dans les mains et dans les pieds. Ces effets secondaires peuvent avoir un impact sur les activités de la vie quotidienne et doivent être signalés immédiatement au médecin responsable. Cela peut conduire à une réduction du dosage ou à une interruption du traitement par vincristine, car le bien-être du patient est la priorité dans tout plan de traitement.
Les nausées et/ou les vomissements sont d’autres effets secondaires courants de la lomustine. Ceux-ci peuvent cependant être évités en grande partie avec des médicaments antiémétiques administrés avant la prise de lomustine.
 

Faut-il envisager de participer à des essais cliniques ?

Le pronostic des patients atteints de gliomes est très différent d’une tumeur à l’autre. Dans tous les cas, mais spécialement quand le pronostic est moins favorable, le patient peut envisager de participer à des essais cliniques. Dans de nombreux pays, des essais cliniques sont accessibles à des patients nouvellement diagnostiqués ainsi qu’à des patients qui ont déjà reçu un traitement standard de première intention et qui connaissent une récidive de leur maladie. Comme il y a un important besoin d’améliorer l’efficacité du traitement des gliomes, les médecins et les chercheurs explorent toujours de nouvelles thérapies. Par exemple, des immunothérapies, de nouvelles techniques neurochirurgicales, de nouveaux procédés d’irradiation, de nouveaux dispositifs et des thérapies ciblées ont ouvert des voies prometteuses et font l’objet d’essais cliniques en cours dans plusieurs pays.
Les thérapies prometteuses doivent d’abord être testées rigoureusement dans le cadre d’essais cliniques avant d’être homologuées (agréées pour un usage spécifique) par les instances de réglementation et mises à la disposition des patients. Ces essais cliniques peuvent offrir la chance de recevoir un nouveau traitement avant qu’il ne soit disponible sur le marché. D’autre part, les nouvelles thérapies mises en œuvre dans les études scientifiques présentent aussi des risques, puisque tous leurs effets secondaires ne sont pas encore connus à l’étape de l’essai clinique. En raison des aspects positifs et négatifs des essais cliniques, il est très important que vous discutiez avec votre médecin de façon approfondie de la pertinence d’y participer.

La plupart des essais cliniques pour les gliomes sont répertoriés dans les sites web suivants :

https://www.clinicaltrials.gov/ct2/results?cond=%22Glioma%22
https://www.clinicaltrialsregister.eu/ctr-search/search?query=glioma
 

Vous trouverez plus d’informations sur les essais cliniques et leurs conditions de participation ici.

 

QUE SE PASSE-T-IL APRÈS LE TRAITEMENT ?

 

L’évaluation de votre réponse au traitement

L’IRM est la méthode d’imagerie recommandée pour l’évaluation des traitements. Votre première IRM doit être effectuée dans les 24 à 48 heures après l’intervention chirurgicale. Cela permet de vérifier l’étendue véritable de la résection de la tumeur afin de détecter la présence de toute maladie résiduelle et de toute hémorragie. La périodicité des examens suivants par IRM dépend du type du gliome, de son mode de traitement et des symptômes que vous signalez.
D’une façon générale, il est toujours possible de considérer les résultats de l’IRM en lien avec l’état neurologique du patient et l’usage d’un traitement par corticostéroïdes.
Comme pour les glioblastomes traités par chimioradiothérapie concurrente, une première IRM sera effectuée de préférence trois à quatre mois après la fin de la radiothérapie, après deux ou trois cycles adjuvants de témozolomide. Une IRM réalisée quatre à douze mois après la fin du traitement risque d’être difficile à interpréter en raison de modifications réactives de la tumeur et d’une fausse lecture possible d’évolution de la maladie à l’IRM (ce phénomène est appelé « pseudoprogression »). Une IRM répétée après six à huit semaines permet d’évaluer ce phénomène et de déterminer s’il s’agit d’une évolution réelle. Il est important d’analyser les résultats de l’IRM et l’état neurologique du patient dans le cadre d’une réunion de concertation pluridisciplinaire pour décider de la poursuite du traitement.
 

Le suivi avec les médecins

Un suivi régulier avec votre médecin est important afin d’évaluer vos fonctions neurologiques, vos crises de convulsions et l’usage de corticostéroïdes. Les corticostéroïdes doivent en effet être réduits dès que possible compte tenu de leurs effets secondaires à long terme. Des examens en laboratoire permettent de repérer les complications de médicaments destinés à traiter les symptômes, tels que les corticostéroïdes qui peuvent augmenter la glycémie et les médicaments antiépileptiques qui peuvent modifier la numération sanguine et la fonction hépatique. Durant la période de suivi, une IRM doit être effectuée tous les trois à quatre mois, à moins qu’une surveillance plus fréquente soit plus indiquée du point de vue clinique.
 

 

Le retour à la vie normale

Le retour à la vie normale peut être difficile pour les patients atteints d’un gliome, car ils peuvent souffrir de troubles neurologiques de différents niveaux. Les patients perdent de plus en plus d’autonomie à la suite d’une lésion directe des structures cérébrales responsables des fonctions motrices, sensorielles, cognitives et langagières. Par ailleurs, des effets indirects de la radiothérapie et de la chimiothérapie peuvent aggraver le déficit fonctionnel que connaissent déjà les patients. Pour ces raisons, la rééducation est d’une importance cruciale pour les patients atteints d’un gliome et la priorité doit être accordée à la restauration ou l’optimisation de leur indépendance dans le cadre des activités de la vie quotidienne, de la mobilité, de la cognition et de la communication.
Mais bien que les actions de rééducation puissent être mises en œuvre à tous les stades de la maladie, leurs objectifs évoluent avec sa progression. Quand le développement de la tumeur induit un déclin des compétences fonctionnelles, la rééducation assume un rôle de soutien, avec des objectifs établis en tenant compte des limites physiques et fonctionnelles persistantes. Dans les stades avancés de la maladie, une rééducation palliative peut améliorer et maintenir le confort et la qualité de vie des patients.
 

Un soutien psychologique, social et une aide des pairs

Il est primordial de ne pas sous-estimer le stress psychologique et les effets sociaux de la maladie subis par les patients, leurs familles et leurs proches. Les difficultés psychiatriques doivent être repérées et traitées à la fois par psychothérapie et par pharmacothérapie. La reconnaissance des effets sociaux de la maladie et une assistance appropriée à ces circonstances sont des aspects vitaux du soin aux patients et à leurs proches. Une infirmière spécialisée dans un centre de neuro-oncologie peut être chargée de l’orientation et de l’assistance aux patients, comme à ses proches, pendant le cours de la maladie. Une orientation vers des travailleurs sociaux et d’autres professionnels de la santé tels que des psychologues, des physiothérapeutes et des orthophonistes peut aider le patient et ses proches à soulager le poids des difficultés et à répondre à leurs besoins.


Des groupes de défenses des patients peuvent vous aider à entrer en contact avec d’autres patients atteints d’une tumeur cérébrale, à en savoir plus sur votre maladie, à identifier les informations utiles, à trouver un médecin expérimenté pour un deuxième avis, à identifier des centres experts menant des essais cliniques et vous fournir des services pour vous aider, vous et votre famille, à faire face au diagnostic de tumeur cérébrale afin que vous ne vous sentiez pas seul. Afin de savoir s’il existe une organisation de patients atteints de tumeurs cérébrales dans votre pays, vous pouvez consulter le site web de l’International Brain Tumour Alliance ici.
 

Et si le gliome réapparaît ?

Le traitement des récidives varie selon le type du diagnostic histopathologique initial et du scénario clinique, du type et du nombre de traitements précédents. Parmi les options de traitement figurent :

• La chimiothérapie chez les patients présentant un bon indice de performance et qui n’ont pas reçu précédemment de chimiothérapie adjuvante ;
• Une seconde intervention chirurgicale (en particulier si un laps de temps assez long s’est écoulé depuis la première résection chirurgicale ou si la tumeur récidivante provoque des symptômes en raison de ses effets de masse) ;
• Une nouvelle radiothérapie (dans le cas de tumeurs plus petites).
Pour les patients dont la maladie évolue après une première chimiothérapie, il n’y a pour l’instant aucun protocole établi pour un second schéma de chimiothérapie ou d’agents ciblés et par conséquent, les patients sont invités à participer aux essais cliniques disponibles (voir le paragraphe « Faut-il envisager de participer à des essais cliniques ? » dans la section « Quelles sont les options de traitement disponibles ? »). La chimiothérapie avec un schéma PCV ou avec l’agent unique nitrosourée peut atteindre un pourcentage de contrôle des tumeurs comparables à ceux du témozolomide.
Il convient toutefois de noter qu’il n’existe pas de thérapie standard lorsque la maladie réapparaît et la prise de décision clinique doit être fondée, dans l’idéal, sur un avis émis par la réunion de concertation pluridisciplinaire qui étudie votre dossier.


Les soins de support et palliatifs

Comme nous l’avons vu précédemment, le traitement des symptômes subis par les patients atteints d’un gliome fait partie intégrante des soins. Cependant, de nouveaux effets secondaires peuvent apparaître pendant et après un traitement anticancéreux actif et il convient de prendre des mesures de support appropriées comme un traitement antiémétique, des corticostéroïdes, un traitement antibiotique, une transfusion sanguine, etc., en fonction du type et de la gravité des effets secondaires sous-jacents. On parle alors de soins de support et palliatifs. Il est important de rappeler aux patients et à leurs proches que le terme de « soins palliatifs » ne s’applique pas seulement aux soins en fin de vie, mais définit les soins visant à soulager les symptômes à tous les stades de la maladie, y compris lorsque vous avez été récemment diagnostiqué. Ne soyez donc pas effrayé en entendant les mots « soins palliatifs ».

Le recueil d’informations sur les thérapies disponibles pour les tumeurs cérébrales est d’une grande importance pour vous impliquer dans les décisions concernant votre traitement. De plus, cela vous apporte la possibilité d’ouvrir la discussion avec votre équipe médicale et de poser toutes les questions qui vous viendront à l’esprit.

N’hésitez jamais à poser des questions et à donner votre avis. Vous, le patient, êtes la seule personne qui compte et tout le monde est là pour vous aider.

 

Synonymes

Tumeur cérébrale primitive

Tumeur cérébrale

Tumeur primitive du cerveau

Tumeur du cerveau

Gliome

Astrocytome

Ependymome

Oligoastrocytome

Glioblastome

Glioblastome multiforme

Médulloblastome

Oligodendrogliome

Cancer du cerveau

Cancer cérébral

Therapies by type

La liste suivante de thérapies est basée sur ce que nous avons trouvé dans les études scientifiques concernant ce cancer. Vous trouverez plus d’information sur ces traitements sous l’onglet THÉRAPIES. Les médicaments autorisés, la radiothérapie et les interventions chirurgicales sont approuvés par les autorités.

Radiothérapie

Utilisation médicale de rayonnements de haute énergie afin de tuer les cellules cancéreuses et de réduire la taille de la tumeur. Plus

Médicaments autorisés

Médicaments anticancéreux ayant reçu une autorisation de mise sur le marché aux États-Unis ou dans les pays de l’Union européenne. Plus

Thérapies à base de cellules

Administration après modification de ses propres cellules ou de celles d'une autre personne. Plus

Produits synthétiques (hors médicaments autorisés)

Substances créées de manière synthétique ou par la modification de produits naturels qui sont pas enregistrés en tant que médicaments anticancéreux.

Produits naturels (hors médicaments autorisés)

Substances présentes dans la nature qui ont en général une activité pharmacologique ou biologique. Plus

Thérapies basées sur l'énergie

Essais cliniques

Un essai clinique est une recherche menée chez des patients afin d’évaluer si un nouveau traitement est sûr (innocuité) et s’il est efficace (efficacité). Les essais cliniques sont effectués pour tester l’efficacité de médicaments mais aussi de traitements non médicamenteux, tels que la radiothérapie ou la chirurgie, et de combinaisons de différents traitements. Les essais cliniques se déroulent dans toutes sortes d’hôpitaux et de cliniques mais principalement dans des hôpitaux universitaires. Ils sont organisés par des chercheurs et des médecins.

Le Fonds Anticancer offre un outil de recherche des essais cliniques de phase III par type de cancer et par pays. Pour la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, le Luxembourg, la France et le Royaume-Uni, le Fonds Anticancer fournit des coordonnées de contact pour obtenir davantage d’informations au sujet des essais cliniques de phase III actuellement en cours. Discutez avec votre médecin des possibilités de participer à l’un de ces essais cliniques.

Une liste des essais cliniques de phase III pour le cancer des tumeurs cérébrales primitives (en anglais : brain, étant donné que les essais cliniques peuvent être présentés en anglais) est disponible ici.