Cancer du foie

Introduction

Définition de cancer du foie 

Le cancer du foie correspond à la formation d’une tumeur dans les tissus du foie. Il existe différents types de cancers du foie selon la nature des cellules cancéreuses.

Le carcinome hépatocellulaire en est la forme la plus fréquente et représente 90 % de tous les cancers du foie. Le carcinome hépatocellulaire apparait dans les hépatocytes, les principales cellules du foie. 

Anatomie du système digestif

Anatomie du foie et des organes voisins

 

Note importante concernant les autres types de cancer du foie

 

Il existe également un type rare de cancer du foie qui survient principalement chez les jeunes patients et qui est appelé carcinome fibrolamellaire. Cette variante a généralement des contours bien délimités par rapport au carcinome hépatocellulaire dont la croissance est plus agressive. Il est également caractérisé par une cicatrice centrale lorsqu’il est observé avec des techniques d’imagerie médicale. Le carcinome fibrolamellaire est généralement diagnostiqué et traité de la même manière que le carcinome hépatocellulaire.

Les informations fournies dans ce Guide pour les patients ne s’appliquent pas aux cancers du foie qui ne sont pas des carcinomes hépatocellulaires. Les autres principaux types de cancers du foie comprennent :

  • Les tumeurs se développant dans le foie, mais trouvant leur origine dans d’autres organes, par exemple le côlon, l’estomac ou les ovaires. Ces tumeurs sont appelées métastases hépatiques ou cancers secondaires du foie. Vous trouverez des informations sur le traitement des métastases hépatiques dans les documents consacrés à chacun de ces cancers.
  • Les cancers qui se forment dans les vaisseaux sanguins du foie sont appelés angiosarcomes et hémangiosarcomes. Pour plus d’informations sur les angiosarcomes et les hémangiosarcomes, cliquez ici (en anglais).
  • Les cancers qui se forment dans les voies biliaires sont appelés cancers des voies biliaires ou cholangiocarcinomes. Toutefois, si le cancer touche les voies biliaires à l’intérieur du foie, il est parfois appelé cancer du foie. Pour plus d’informations sur le cancer des voies biliaires, veuillez cliquer ici.
  • Des tumeurs appelées hépatoblastomes surviennent chez les nourrissons et les enfants. Pour plus d’informations sur les hépatoblastomes, cliquez ici (en anglais).

INFORMATION BASÉE SUR LES RECOMMANDATIONS DE L'ESMO
Ce guide pour les patients a été préparé par le Fonds Anticancer comme un service aux patients, afin de les aider ainsi que leurs proches à mieux comprendre le cancer du foie et à prendre conscience des meilleures options de traitement disponibles en fonction du sous‐type de cancer du foie. Nous recommandons aux patients de demander à leur médecin quels tests et quels types de traitement sont indiqués pour le type et le stade de leur maladie. Les informations médicales décrites dans ce document sont basées sur les recommandations de pratique clinique de l’European Society for Medical Oncology (ESMO) pour la prise en charge du cancer du foie. Ce guide pour les patients a été réalisé en collaboration avec l’ESMO et est diffusé avec l’autorisation de l’ESMO. Il a été écrit par un médecin et relu par 2 cancérologues de l’ESMO, dont le cancérologue responsable des recommandations de pratique clinique pour les professionnels. Il a également été relu par des représentants de patients appartenant au groupe de travail de patients de l’ESMO (ESMO Cancer Patient Working Group).

 

Fréquence

Le cancer du foie est-il fréquent?

Le cancer du foie représente le sixième cancer le plus fréquent à travers le monde. En Europe, on estime que 10 hommes sur 1000 et 2 femmes sur 1000 développent un cancer du foie à un moment donné de leur vie. À l’échelle de la planète, le cancer du foie est beaucoup plus fréquent en Asie du Sud-Est et en Afrique de l’Ouest. Cela est principalement dû au fait que l’infection par le virus de l’hépatite B, plus fréquente dans ces deux régions, augmente le risque de cancer du foie. Aux États-Unis et en Europe du Sud, le virus de l’hépatite C est souvent une cause d’apparition du cancer du foie.

En 2008, environ 40 000 hommes et 20 000 femmes ont été diagnostiqués d’un cancer du foie en Europe.
 

L’âge moyen de diagnostic se situe entre 50 et 60 ans, mais en Asie et en Afrique, il est généralement compris entre 40 et 50 ans.

 

Étiologie

Qu'est-ce qui provoque le cancer du foie?

Chez la plupart des patients, le cancer du foie est précédé par une cirrhose. La cirrhose du foie est la conséquence d’une maladie chronique du foie, même si seul un pourcentage limité de patients atteints de maladies chroniques du foie finit par développer une cirrhose. Dans le cas d’une cirrhose, les tissus hépatiques se transforment lentement au détriment des cellules normales du foie et produisent de plus en plus de tissus fibreux et cicatriciels. Dans ce cas, les cellules hépatiques ne se développent plus ou ne fonctionnent plus normalement.

Les mécanismes exacts et les raisons précises d’apparition du cancer du foie ne sont pas encore totalement compris. Néanmoins, la cirrhose et ses causes constituent les principaux facteurs de risque du carcinome hépatocellulaire, le principal type de cancer du foie.

Un facteur de risque désigne toute chose qui augmente le risque qu’un cancer survienne, mais il n’est ni suffisant ni nécessaire pour le provoquer. Ils ne constituent pas des causes à proprement parler. Certaines personnes présentant ces facteurs de risque ne développeront jamais de cancer du foie, tandis que d’autres ne présentant aucun de ces facteurs de risque en développeront un tout de même.

Les principaux facteurs de risque sont ceux qui provoquent la cirrhose, mais il en existe également d’autres.

  • Les causes de cirrhose du foie :
    • Les infections chroniques par le virus de l’hépatite B (VHB) ou le virus de l’hépatite C (VHC). Une infection par VHB ou VHC est considérée comme chronique lorsque le virus de l’hépatite reste présent dans le sang pendant plus de six mois et qu’il gêne le bon fonctionnement du foie. Dans le monde, l’infection par hépatite B est responsable de 50 % de tous les cas de cancer du foie, et l’infection par hépatite C de 25 % des cas. Une infection chronique par hépatite B multiplie par 100 le risque de développer un cancer du foie et une infection par hépatite C chronique multiplie ce risque par 17. Jusqu’à 85 % des personnes infectées par l’hépatite C développent une infection chronique, parmi lesquels 30 % évolueront vers une cirrhose, puis chaque année, 1 à 2 % de ces derniers développent un cancer du foie. Une co-infection avec le VHB, autrement dit, une infection avec les deux types de virus apparaissant en même temps, augmente fortement ce risque. Une infection par hépatite B peut également provoquer directement un cancer du foie, sans provoquer de cirrhose intermédiaire. Le virus peut mélanger son propre ADN (acide désoxyribonucléique) avec l’ADN des cellules hépatiques, provoquant des mutations dans leurs gènes. Ces mutations peuvent provoquer chez les cellules une perte de contrôle de leur fonctionnement normal, de leur reproduction et de leur mort cellulaire naturelle. On admet généralement que si ces fonctions échappent à tout contrôle, elles peuvent provoquer un cancer.
      Si l’on généralisait la vaccination dans le monde entier, on baisserait le nombre de cas d’hépatites B et, donc, le nombre de cancers du foie liés à ce virus. Le traitement antiviral contre l’hépatite B permettrait de réduire le nombre de décès liés aux maladies du foie causées par l’hépatite B chronique (dont le cancer du foie). En outre, des études récentes suggèrent qu’un traitement antiviral administré à un patient ayant une hépatite C chronique peut réduire de manière importante ses risques de développer un cancer du foie.
    • L’abus d’alcool à long terme peut provoquer une cirrhose et un cancer du foie. Dans les pays où l’infection par VHB est peu fréquente, l’alcool est la cause principale des cancers du foie. La consommation d’alcool alors que l’on souffre d’hépatite multiplie le risque.
      La prévention de l’abus d’alcool peut réduire considérablement le risque de développer une cirrhose et un cancer du foie.
    • Des maladies hépatiques héréditaires peuvent également provoquer des cirrhoses telles que l’hémochromatose ou le déficit en alpha-1 antitrypsine. L’hémochromatose est une maladie héréditaire qui provoque une absorption élevée du fer contenu dans les aliments. Le fer se dépose ainsi dans différents organes, mais principalement dans le foie. Le déficit en alpha-1 antitrypsine, quant à lui, est une maladie où l’on observe un dépôt anormal de la protéine alpha-1 antitrypsine dans les cellules hépatiques. Cela peut provoquer une cirrhose du foie et accroitre le risque de développer un cancer du foie.
    • La stéatose hépatique non alcoolique et la stéatopathie non alcoolique sont deux maladies touchant le foie pouvant également conduire à une cirrhose et un cancer. Elles ne sont pas causées par une infection ou par une consommation élevée d’alcool, mais il semble qu’elles soient liées à l’obésité sévère et au diabète. Par conséquent, l’obésité et le diabète sont également considérés comme des facteurs de risque du cancer du foie. Par ailleurs, si un patient diabétique consomme de grandes quantités d’alcool, le risque est beaucoup plus élevé.
      La prévention de l’obésité et du diabète de type 2 en adoptant un mode de vie sain peut réduire le risque de sténose hépatique non alcoolique et de cancer du foie. Un changement du mode de vie chez les personnes obèses ou diabétiques de type 2 peut aussi réduire ce risque.
    • Il existe d’autres maladies moins fréquentes qui affectent le foie et augmentent le risque de cancer. Elles comprennent l’hépatite auto-immune, les inflammations des voies biliaires intrahépatiques (cirrhose biliaire primitive et cholangite sclérosante primitive) et la maladie de Wilson. Ces maladies ne sont causées ni par une infection ni par la consommation d’alcool.
  • Le sexe : le cancer du foie est de quatre à huit fois plus fréquent chez les hommes que chez les femmes, bien que cela soit probablement dû à des différences de comportement qui affectent les facteurs de risque décrits ci-dessus.
  • L’exposition à des agents toxiques :
    • Les stéroïdes anabolisants sont des hormones prises par certains athlètes pour augmenter leur force et leur masse musculaire. L’utilisation à long terme de ces substances augmente le risque d’adénome hépatocellulaire, une tumeur bénigne du foie qui peut devenir maligne et se transformer en carcinome hépatocellulaire.
    • L’ingestion d’aliments contaminés par de l’aflatoxine : l’aflatoxine est une substance toxique produite par un champignon qui peut se développer sur les denrées alimentaires (arachides, blé, soja, maïs et riz) lorsqu’elles sont stockées dans des conditions chaudes et humides. Si elle est ingérée régulièrement, elle peut provoquer des mutations dans l’ADN des cellules du foie, les transformant en cellules cancéreuses.
      La réduction de l’exposition à des aliments contaminés par de l’aflatoxine peut réduire le risque de cancer du foie, en particulier chez les personnes infectées par l’hépatite B.

D’autres facteurs comme le tabagisme semblent augmenter le risque de cancer du foie, mais les résultats des études sont contradictoires. De plus amples recherches sont nécessaires avant de pouvoir confirmer que ce sont des facteurs de risques.

 

Diagnostic

Comment le cancer du foie est-il diagnostiqué?

Un cancer du foie peut être suspecté dans différentes circonstances. La plupart des patients ont une cirrhose du foie et/ou une hépatite chronique avant de développer un cancer du foie. Les personnes atteintes d’une cirrhose doivent être suivies afin de détecter aussi vite que possible une potentielle tumeur du foie. Un même suivi est recommandé pour les personnes infectées par l’hépatite B qui n’ont pas développé de cirrhose, mais qui ont plus de 10 000 copies du virus (charge virale) par millilitre de sang, et également pour les personnes infectées par l’hépatite C dont le foie est à un stade avancé de fibrose. Même si une minorité de patients atteints de stéatopathie non alcoolique développeront un cancer du foie, le même suivi est nécessaire chez ces patients car un cancer du foie peut tout de même se développer sans cirrhose préalable.

Par conséquent, les circonstances de diagnostic seront différentes chez les patients atteints d’une cirrhose du foie connue et chez les patients sans cirrhose du foie connue.

Suivi chez les patients présentant un risque de développer un cancer du foie

Tous les patients atteints de cirrhose, ainsi que certains patients ne souffrant pas de cirrhose, mais atteints de formes d’hépatites B et C telles que celles décrites ci-dessus, nécessitent une surveillance étroite. Une échographie du foie sera réalisée tous les 6 à 12 mois afin de détecter l’apparition d’un nodule, d’un kyste ou d’une tumeur qui pourrait se transformer en cancer.

  1. Une échographie du foie permet de détecter des nodules, qui ne sont généralement visibles qu’à l’aide d’examens d’imagerie médicale.
    Lorsque l’on détecte un nodule par échographie, on procède aux actions suivantes dont les étapes dépendent de la taille et l’aspect du nodule sur les images. Ces deux caractéristiques apportent des informations sur la probabilité qu’un nodule se transforme en cancer du foie.
    -  Un nodule de moins de 1 cm doit faire l’objet d’un suivi par des échographies effectuées à des intervalles de 3 à 6 mois. La probabilité que ce type de nodule se transforme, ou puisse se transformer en cancer du foie au cours des  mois suivants est très faible.
    -  Un nodule de 1 à 2 cm doit faire l’objet d’au moins deux examens radiologiques différents (scanner avec utilisation d’un produit de contraste, échographie ou IRM avec utilisation d’un produit de contraste).

    o Si deux techniques différentes montrent un aspect typique de cancer du foie, le nodule doit être interprété comme un cancer.
    o   Dans le cas contraire, le médecin doit effectuer une biopsie ou retirer le nodule pour un examen plus approfondi en laboratoire. Une biopsie est un prélèvement que l’on effectue, dans ce cas, en introduisant une aiguille plus ou moins grande dans la peau de l’abdomen, puis dans le foie, afin de retirer un petit morceau de tissu hépatique. Un échantillon prélevé avec une aiguille fine est appelé ponction à l’aiguille fine. L’ablation d’un nodule peut avoir lieu lors d’une opération chirurgicale.

    -   Parfois, le diagnostic est tellement probable qu’une biopsie n’est pas nécessaire. Les situations suivantes doivent ainsi être considérées comme des cas avérés de cancer du foie.

    o   Si les images, quel que soit le type d’examen, montrent que le nodule a une taille supérieure à 2 cm et présente l’aspect typique d’une tumeur hépatique.

    o   Si l’on observe un nodule dans le foie et si en même temps, le taux sanguin d’alpha-fœtoprotéine (voir ci-dessous) est élevé (400 ng/ml ou plus) ou continue d’augmenter.

  1. Un test sanguin de recherche d’une protéine appelée alpha-fœtoprotéine (AFP) peut apporter des informations supplémentaires. L’AFP est normalement présente à des taux élevés dans le sang du fœtus, mais retourne à un taux très faible (normal) rapidement après la naissance. Si elle est détectée à un taux plus élevé que la normale dans le sang d’un adulte, cela suggère qu’il peut avoir un cancer du foie.
    Les tests sanguins d’AFP peuvent servir à rechercher des tumeurs précoces chez les personnes souffrant de cirrhose. Cependant, ces examens ne sont généralement pas conseillés pour le dépistage chez les personnes sans cirrhose, car ils ne sont pas toujours exacts. Dans une minorité de cancers du foie, il n’y a pas d’augmentation de l’AFP dans le sang. De même, le taux d’AFP n’est pas élevé avec un carcinome fibrolamellaire. Dans de nombreux cas, le taux d’AFP s’élève uniquement à un stade tardif du cancer du foie. En outre, des taux élevés d’AFP peuvent également être détectés pour d’autres maladies, y compris des maladies hépatiques non cancéreuses ou des tumeurs se développant dans d’autres organes comme les testicules ou les ovaires. Chez des patients atteints de cirrhose, on observe souvent un taux modifié d’AFP. Par conséquent, cet examen s’avère utile uniquement en combinaison avec un examen échographique.

 

Symptômes possibles d’un cancer du foie

Chez les patients sans surveillance particulière comme décrite ci-dessus, les principaux symptômes pouvant être liés à un cancer du foie sont les suivants :

  • Une perte de poids inexpliquée
  • De la fatigue
  • Une perte d’appétit ou la sensation d’avoir trop mangé après un repas léger
  • Des nausées ou des vomissements
  • De la fièvre
  • Une augmentation du volume du foie, ressentie comme une masse sous les côtes du côté droit
  • Une augmentation du volume de la rate, ressentie comme une masse sous les côtes du côté gauche
  • Des douleurs à l’abdomen ou à proximité de l’omoplate droite
  • Un œdème ou une accumulation de liquide dans l’abdomen
  • Des démangeaisons
  • Une coloration jaune de la peau et des yeux (jaunisse)
  • Une dilatation des veines de l’abdomen, qui deviennent visibles à travers la peau

Tous ces symptômes peuvent être causés par d’autres maladies ou ne peuvent être observés qu’à un stade avancé du cancer du foie. Cependant, si l’on observe une association de plusieurs des symptômes listés ci-dessus, et notamment s’ils persistent, il faut envisager des examens supplémentaires.

Une détérioration des fonctions du foie peut parfois être détectée lors d’examens sanguins prescrits pour d’autres raisons. Celle-ci peut être provoquée par un grand nombre de maladies différentes et doit donc faire l’objet d’examens supplémentaires.

 

Le diagnostic

Le diagnostic du cancer du foie est basé sur les examens suivants :

1.     Un examen clinique

Le médecin interrogera le patient au sujet de ses plaintes et de ses symptômes. Il procèdera également à un examen de l’abdomen et du reste du corps. Le médecin recherchera une augmentation du volume du foie ou de la rate, la présence de liquide dans l’abdomen, un jaunissement de la peau et des yeux (indiquant une jaunisse) ou d’autres signes indiquant que le foie ne fonctionne pas correctement.

  1. Une prise de sang

Une analyse de sang peut révéler des taux élevés d’alpha-fœtoprotéine (AFP), un marqueur tumoral, mais cela n’est observé que chez 50 à 75 % de patients atteints d’un cancer du foie. Par conséquent, si ce taux n’est pas élevé, cela n’indique pas obligatoirement l’absence de tumeur. De même, si le taux d’AFP est élevé, cela n’indique pas nécessairement qu’il y ait une tumeur.

3.     Un examen radiologique

En premier lieu, on réalisera une échographie du foie afin d’évaluer la consistance de l’organe et rechercher la présence de nodules éventuels. Dans 75 % des cas de cancer du foie, les tumeurs sont multifocales au moment du diagnostic. « Multifocales » signifie que différents nodules (ou tumeurs) sont observés dans différentes parties du foie.
Pour obtenir une image plus précise ou pour détecter des nodules plus petits, il est possible que l’on procède également à un scanner ou à une IRM. Une IRM peut s’avérer particulièrement utile chez les patients ayant déjà eu des nodules (bénins) en raison de leur cirrhose. Ces examens sont parfois effectués après l’injection intraveineuse d’un liquide de contraste afin de mieux visualiser les nodules.
Les examens nécessaires pour diagnostiquer le cancer du foie et leur séquence dans le temps dépendront de la taille des lésions et de la présence d’une cirrhose observée lors des premiers examens radiologiques.

  1. Un examen anatomopathologique

Un examen anatomopathologique est effectué sur un échantillon de tissu du foie prélevé lors d’une biopsie. La décision de réaliser une biopsie devrait être discutée avec différents spécialistes, dont un chirurgien spécialisé en chirurgie du foie. C’est le seul moyen d’évaluer si une lésion observée lors d’un examen radiologique est bénigne ou maligne. La biopsie peut être effectuée en introduisant une aiguille plus ou moins grande dans la peau de l’abdomen, puis dans le foie, afin de retirer un petit morceau de tissu hépatique. La biopsie est parfois effectuée sous échographie ou sous scanner pour s’assurer que l’aiguille est effectivement positionnée dans le nodule suspect. Un chirurgien peut également effectuer un prélèvement durant une opération appelée laparoscopie. Lors d’une laparoscopie, le chirurgien insère une petite caméra et des instruments fins à travers une ou plusieurs petites incisions faites sur la peau de l’abdomen, afin d’observer l’intérieur de l’abdomen et effectuer une biopsie sans avoir à pratiquer une grande incision.
Un spécialiste appelé anatomopathologiste examinera le prélèvement de tissu au microscope, dans un laboratoire. Il pourra également effectuer d’autres examens pour définir le type et les caractéristiques de la tumeur. Cependant, même si l’anatomopathologiste conclut que la biopsie ne contient pas de cellules cancéreuses, on ne peut pas exclure que la tumeur soit maligne.

Lors de la biopsie, il existe un risque d’hémorragie, parce que le foie contient de nombreux vaisseaux sanguins et que la coagulation sanguine peut être altérée chez les patients atteints de cirrhose. Il existe aussi un faible risque de propager le cancer sur le trajet de l’aiguille de biopsie. Si le cancer ne s’est pas encore propagé, il est important d’éviter ce risque. Néanmoins, ce risque est plus faible lorsque la biopsie est effectuée avec une aiguille fine. Par ailleurs, la tumeur ne risque pas d’exploser lorsqu’elle est percée par une aiguille.
Cependant, une biopsie ne sera pas réalisée dans les situations suivantes :

-  Le patient est considéré comme trop fragile pour tolérer toute sorte de thérapie.

-  Le patient a une forme avancée de cirrhose et est en attente d’une transplantation du foie.

-  Le patient peut être opéré avec l’objectif d’enlever l’entièreté de la tumeur (voir le paragraphe ci-dessous sur la résécabilité).

Il est aussi possible chez certains patients avec une cirrhose connue de s’appuyer sur l’imagerie pour le diagnostic. Une biopsie ne peut être évitée que si un examen radiologique spécifique  montre un aspect vasculaire typique de cancer du foie. Cet examen spécifique est soit un type de scanner (scanner multidétecteur multiphasique) soit un type d’ IRM (IRM dynamique avec produit de contraste)

Traitement

Quels sont les éléments importants à connaître pour un traitement optimal?

 

Il n’existe pas un traitement unique pouvant soulager tous les patients. Les médecins doivent prendre en compte de nombreux aspects du patient et du cancer afin de décider du meilleur traitement.

Informations importantes concernant le patient

  • L’âge
  • Les antécédents de maladies
  • Les résultats de l’examen clinique. Le médecin:
    • évaluera l’état nutritionnel ;
    • inspectera la peau et les yeux, à la recherche d’un jaunissement indiquant une jaunisse et de taches sombres sur la peau indiquant un taux de plaquettes bas ;
    • recherchera des signes indirects de l’augmentation de la pression sanguine dans la veine alimentant le foie ;
    • vérifiera si le foie et la rate ont augmenté de volume ou s’il y a du liquide dans l’abdomen, appelé ascite
    • cherchera des modifications de l’état de conscience ou du comportement dans le cadre d’une condition complexe appelée encéphalopathie.
  • La présence d’autres maladies du foie et l’état actuel des fonctions du foie, que l’on appelle parfois « fonction hépatique résiduelle ». Le médecin peut évaluer la fonction hépatique au moyen de caractéristiques du sang, telles que le temps de prothrombine, le taux d’albumine, le taux de bilirubine et le nombre de plaquettes.
  • L’infection chronique par VHB et VHC, les traitements éventuels et le niveau d’activité de l’infection.
  • La consommation actuelle d’alcool
  • La consommation de drogues en injection
  • L’indice de performance, qui évalue le bien-être général et les activités quotidiennes réalisables par le patient. L’indice de performance évalue les capacités physiques des patients en donnant une note de 0, pour un patient pleinement actif, à 4 pour un patient complètement inactif en raison de sa maladie.

En prenant en compte ces éléments, le médecin décidera si le patient présente un état de santé suffisant et est en mesure de subir une ablation partielle ou une transplantation du foie.

 

Informations importantes concernant la maladie

  • La détermination du stade de la maladie

Les médecins utilisent le stade pour décrire l’étendue du cancer et le pronostic du patient. Le stade est un élément fondamental pour prendre une décision appropriée concernant le traitement. Plus le stade est élevé, moins le pronostic est bon. Différents examens visent à déterminer dans quelle mesure le cancer s’est propagé à l’intérieur et à l’extérieur du foie, et s’il s’est disséminé dans d’autres parties du corps. Un scanner ou une IRM de l’abdomen seront pratiqués afin d’évaluer la propagation locale de la tumeur et sa propagation à d’autres organes. Si l’on pense que le cancer a pu s’étendre au-delà, d’autres examens d’imagerie d’autres parties du corps peuvent alors être pratiqués, en particulier un scanner du thorax et une scintigraphie osseuse.

La détermination du stade est généralement effectuée à deux reprises : une première fois après l’examen clinique et radiologique, et une deuxième fois après l’opération chirurgicale. Si l’on effectue une opération chirurgicale, la tumeur enlevée peut être examinée en laboratoire. Les résultats de cet examen vont également aider à déterminer le stade de la maladie.

Puisque la plupart des cancers du foie se développent sur une cirrhose sous-jacente, le cancer et la maladie sous-jacente (éventuelle) sont classés en stades. Les deux maladies déterminent en effet les options de traitement et les résultats attendus. Différents systèmes de détermination du stade existent et chaque système a ses avantages et ses inconvénients. Les deux principaux sont présentés ici. Le système de détermination du stade du cancer est appelé TNM, alors que le système concernant la maladie du foie ou la cirrhose est appelé Child-Pugh. Un autre système plus compliqué, mais largement utilisé par les spécialistes du cancer du foie est également présenté. C’est le système de détermination du stade intitulé « Barcelona Clinic Liver Cancer (BCLC) ». Son principal avantage est qu’il identifie les patients atteints de cancer précoce qui pourraient bénéficier d’un traitement curatif (stade 0 et stade A), ceux atteints d’un stade intermédiaire (stade B) ou d’un stade avancé (stade C) qui pourraient bénéficier de traitements qui prolongent la vie, et ceux dont l’espérance de vie est très limitée (stade D).

  • Le stade TNM classe les cancers selon les facteurs suivants :
    • T, qui indique la taille de la tumeur et l’invasion des tissus environnants ;
    • N, qui indique la présence de cellules cancéreuses dans les ganglions lymphatiques et
    • M, qui indique la présence ou l’absence de métastase(s), ou propagation du cancer à d’autres organes du corps.

Les stades fondés sur le système TNM sont décrits dans le tableau ci-dessous. Les définitions sont parfois très techniques. Il est donc recommandé de consulter votre médecin pour obtenir des explications plus détaillées.

Stade

Définition

Stade I

La tumeur est unique, n’a pas envahi les vaisseaux sanguins du foie et ne s’est pas disséminée non plus dans des ganglions lymphatiques ou d’autres parties du corps.

Stade II

Soit la tumeur est unique et a envahi les vaisseaux sanguins du foie,

Soit il existe plusieurs tumeurs dans le foie, mais aucune ne présente un diamètre supérieur à 5 cm et aucune d’entre elles ne s’est propagée aux ganglions lymphatiques ou à d’autres parties du corps.

Stade III

Le stade III est divisé en trois sous-stades décrits ci-dessous. Dans tous les cas, les cellules tumorales ne se sont pas propagées aux ganglions lymphatiques ou à des organes situés au-delà.

Stade IIIA

-        Plusieurs tumeurs ont été trouvées dans le foie et au moins l’une d’entre elles présente un diamètre supérieur à 5 cm.

Stage IIIB

-        La tumeur a envahi une branche de l’une des principales veines du foie.

Stade IIIC

-        La tumeur s’est propagée à un organe voisin (autre que la vésicule biliaire) ou à la membrane qui recouvre le foie (péritoine viscéral).

Stade IV

La tumeur s’est propagée aux ganglions lymphatiques ou à des organes se trouvant au-delà.

Stade IVA

-        Un ou plusieurs ganglions lymphatiques dans la région du foie sont envahis.

Stade IVB

-        La tumeur s’est propagée à d’autres parties du corps.

 

·       Le score de Child-Pugh aide à définir le pronostic ainsi que le besoin de recourir à une transplantation pour les maladies chroniques du foie. Ce score est utilisé pour toutes les maladies chroniques du foie, et pas seulement pour le cancer du foie. Le score de Child-Pugh peut être de A, B ou C. Le score « A » indique une cirrhose moins avancée et le score « C » une cirrhose plus avancée. Ce mode de calcul prend en compte l’accumulation de liquide dans l’abdomen (ascite), le taux sanguin de 2 protéines (l’albumine et la bilirubine), le niveau d’efficacité de la coagulation sanguine et la présence d’encéphalopathie.

La méthode utilisée pour attribuer un score de Child-Pugh est complexe et n’est pas décrite précisément dans ce guide. Nous recommandons d’interroger votre médecin pour obtenir des explications plus détaillées.

  • Système de classification « Barcelona Clinic Liver Cancer (BCLC) »

BCLC définit 4 stades de cancer du foie, de A à D. Le BCLC est basé sur la taille et le nombre de tumeurs dans le foie, sur l’invasion des vaisseaux sanguins par la tumeur, sur la propagation du cancer hors du foie, sur la pression sanguine dans la veine alimentant le foie, sur le taux de bilirubine dans le sang, sur le score de Child-Pugh et sur l’indice de performance.

La pression sanguine dans la veine alimentant le foie (appelée veine porte) peut être augmentée lorsque le sang ne passe plus facilement à travers le foie, en raison d’un changement de consistance. La bilirubine est une protéine qui est normalement évacuée par le foie dans la bile. Toutefois, lorsque le foie ne fonctionne plus parfaitement, on peut en voir dans le sang aussi. Le score de Child-Pugh a été décrit précédemment et tient compte de l’accumulation de liquide dans l’abdomen (ascite), du taux d’albumine et de bilirubine dans le sang, de la qualité de la coagulation du sang et de la présence d’une encéphalopathie. L’indice de performance a été décrit dans la section précédente. Il évalue les capacités physiques des patients en donnant une note de 0, pour un patient pleinement actif, à 4 pour un patient complètement inactif en raison de sa maladie.

Comme le système BCLC comprend de nombreux facteurs, il donne la meilleure prédiction quant au pronostic pour un patient qui souffre d’une cirrhose et d’un cancer du foie, et s’avère être le moyen le plus utile pour la planification du traitement.

L’échantillon prélevé par biopsie est examiné en laboratoire. Cet examen est appelé anatomopathologie. Le second examen anatomopathologique est effectué sur la tumeur et des ganglions lymphatiques après leur ablation chirurgicale. Ceci est très important pour confirmer les résultats de la biopsie et obtenir davantage de renseignements sur le cancer. Les résultats de l’examen de la biopsie doivent inclure les éléments suivants :

Tout d’abord, le pathologiste va vérifier que la tumeur s’est effectivement développée dans le foie, en d’autres termes, qu’il s’agit d’une tumeur du foie, et qu’elle n’est pas le résultat de la dissémination d’une autre tumeur (située, par exemple, dans les intestins). Ceci est vérifié en examinant les cellules tumorales pour voir si elles présentent les caractéristiques de cellules du foie ou les caractéristiques d’autres cellules.

S’il s’agit d’une tumeur du foie, l’anatomopathologiste déterminera si c’est un carcinome hépatocellulaire ou un carcinome fibrolamellaire, ou l’un des autres types de cancers du foie mentionnés précédemment dans la partie « définition ».

  • La « résécabilité »

Les chirurgiens jugeront une tumeur opérable ou résécable (pouvant être retirée complètement lors d’une opération), ou non opérable ou non résécable (ne pouvant pas être complètement retirée lors d’une opération). Il n’y a aucune ligne de démarcation claire entre les tumeurs résécables et non résécables en termes de stades TNM du cancer, mais les cancers à des stades précoces sont plus susceptibles d’être résécables. Par exemple, une tumeur peut être non résécable lorsqu’elle est très importante ou lorsqu’elle se trouve près d’un vaisseau sanguin important, rendant impossible son ablation sans endommager ce vaisseau.

 

Quelles sont les options de traitement?

La planification du traitement repose sur une équipe multidisciplinaire de professionnels de la santé. Elle implique la rencontre de différents spécialistes appelée réunion de concertation pluridisciplinaire ou consultation oncologique multidisciplinaire. Lors de cette réunion, la planification du traitement est débattue en fonction des informations mentionnées précédemment, à savoir le fait que le patient est atteint ou non d’une cirrhose du foie, l’étendue de la maladie, la croissance de la tumeur, la fonction du foie, la résécabilité du cancer et l’état de santé général du patient. Les risques de chaque type de traitement sont également pris en compte.

L’étendue du traitement dépendra du stade du cancer, des caractéristiques de la tumeur et des risques encourus par le patient.

Les traitements énumérés ci-dessous ont leurs avantages, leurs risques et leurs contrindications. Il est recommandé de consulter un médecin pour connaitre les avantages escomptés et les risques de chaque traitement afin d’être informé de ses conséquences. Dans certains cas, il existe plusieurs possibilités dont le choix doit être discuté en fonction de la balance entre les bénéfices et les risques.

Comme mentionné dans la section précédente, le plan de traitement dépend principalement du stade selon la classification BCLC. Les traitements par stades sont présentés dans le schéma ci-dessous et détaillés stade par stade plus loin dans le texte.

 

Traitement des cancers de stade 0 et de stade A selon la classification BCLC

Pour les patients atteints d’un cancer à un stade précoce (stade 0 et stade A selon le système de détermination du stade BCLC), il est possible de proposer un traitement avec l’intention de guérir le cancer. Ce traitement peut être une résection chirurgicale, une transplantation du foie ou des méthodes d’ablation locale. Le choix du traitement dépend principalement du niveau de la cirrhose, et de la taille et du nombre de tumeurs dans le foie.

Plusieurs options de traitement sont disponibles pour ces patients. La réunion de concertation pluridisciplinaire décidera du traitement le plus approprié en fonction des informations mentionnées précédemment. Les 3 principales options à ce stade sont :

  • La résection de la tumeur par chirurgie
  • La greffe de foie (aussi appelée transplantation hépatique)
  • Les méthodes d’ablation locale

 

La résection par intervention chirurgicale

La résection de la tumeur par chirurgie est le traitement de choix pour :

  • Les patients n’ayant pas de cirrhose et pour lesquels une partie du foie peut être conservée ;
  • Les patients au stade 0 ou A de la classification BCLC dont l’état de santé est suffisamment bon pour qu’ils puissent être opérés et dont la tumeur est unique et n’entraîne pas d’hypertension portale.

Dans certains cas, il est possible de réséquer des lésions plus étendues, mais comme la chirurgie du foie est une chirurgie lourde, le risque lié à la chirurgie doit être pris en compte pour chaque patient avant de prendre une décision.

En fonction de l'étendue de la tumeur et du degré de cirrhose du foie, on peut retirer la partie du foie contenant la tumeur, ou le foie dans sa totalité.

La résection de la tumeur consiste à retirer la partie du foie qui contient la tumeur. Cette intervention chirurgicale est appelée une hépatectomie partielle. Ce type de chirurgie ne peut être réalisée que chez les patients non atteints de cirrhose ou avec une cirrhose limitée (stade BCLC 0 et A), puisque le foie fonctionne toujours correctement chez ces patients. La partie restante de l’organe continuera d’assurer les fonctions normales du foie. Après l’opération, la partie réséquée sera examinée en laboratoire par un anatomopathologiste. Ce spécialiste contrôlera si toute la tumeur a été enlevée en regardant si la tumeur est bien entourée de tissus normaux. On parle alors de marges négatives de résection, ce qui signifie qu’il est très probable que toute la tumeur a été enlevée, ou de marges positives de résection, ce qui signifie qu’il est très probable que la tumeur n’a pas été complètement retirée. Si les marges sont négatives, le pronostic est meilleur.

 

La greffe de foie (ou transplantation hépatique)

Quand la résection de la tumeur n’est pas possible, une transplantation hépatique doit être envisagée, soit quand il n’y a qu’une tumeur de moins de 5 cm de diamètre, soit quand il y a 2 ou 3 tumeurs, mesurant chacune moins de 3 cm de diamètre. Ces exigences sont appelées les critères de Milan.

  • Critères d’inscription sur la liste d’attente pour transplantation hépatique pour les patients atteints d’un cancer du foie.

La transplantation n’est possible que sous des conditions très strictes en raison de la rareté des donneurs disponibles. La première condition est que le patient réponde aux critères de Milan évoqués ci-dessus, en ce qui concerne le nombre de tumeurs et leur taille. La règlementation sur les donneurs de foie et les transplantations diffère d’un pays à l’autre. Vous pouvez obtenir des informations spécifiques concernant votre pays en interrogeant des médecins ou d’autres professionnels de santé travaillant sur les transplantations hépatiques. Habituellement, les foies de donneurs proviennent d’autres patients récemment décédés ou en état de « mort cérébrale ». L’état de mort cérébrale signifie que le cerveau ne sera plus jamais en mesure de fonctionner. La respiration et la circulation sanguine sont donc maintenues uniquement à l’aide d’appareils médicaux. Ici aussi, la définition légale de l’état de mort cérébrale est établie par des lois spécifiques dans chaque pays.

Étant donné que ces situations sont rares et que tous les patients ne peuvent pas obtenir de foie d’un donneur, le patient devra d’abord être jugé suffisamment en forme pour tolérer l’opération. De même, son pronostic global devrait être assez bon pour qu’il soit inscrit sur la liste d’attente.

Les patients souffrant d’une cirrhose du foie causée par l’abus d’alcool qui en consomment toujours ou les patients présentant un mauvais pronostic en raison des caractéristiques de leur cancer ou d’autres maladies ne peuvent pas prétendre à une transplantation. Certains centres bénéficiant d’une solide expérience sont en mesure d’effectuer des transplantations avec un foie partagé (grâce à laquelle plusieurs patients reçoivent une partie de foie d’un donneur), des transplantations avec des greffons « marginaux » (foies qui ne proviennent pas de donneurs en parfaite santé) ou des transplantations à partir de donneurs vivants (une partie du foie du donneur vivant en bonne santé est transplantée au patient). Comme il s’agit de situations exceptionnelles, la candidature de chaque patient doit être évaluée par le comité d’éthique ainsi que par le conseil consultatif des transplantations de l’hôpital.

  • L’opération de transplantation hépatique

Une transplantation hépatique est une intervention chirurgicale effectuée sous anesthésie générale et qui dure de 6 à 10 heures. Durant ce temps, les chirurgiens retirent d’abord le foie du donneur. Ils pratiquent une incision en forme de boomerang sur la partie supérieure de l’abdomen et retirent le foie du patient, en laissant en place une partie des gros vaisseaux sanguins. Le nouveau foie est alors inséré et fixé à ces vaisseaux sanguins et aux voies biliaires du patient.

  • Traitements mis en œuvre chez les patients en attente d’une transplantation du foie

En raison de la pénurie d’organes, les candidats à la transplantation du foie sont confrontés à de longs délais d’attente, ce qui ne doit pas retarder la discussion au sujet d’un traitement alternatif efficace. Dans le cas d’un long délai d’attente prévu (plus de 6 mois), les patients peuvent bénéficier d’une résection, d’une ablation locale ou d’une chimioembolisation transartérielle afin de minimiser le risque de progression de la tumeur et de permettre d’attendre la transplantation. Les détails sur les techniques d’ablation locale et de chimioembolisation transartérielle sont fournis plus loin dans ce guide.

 

Les méthodes d’ablation locale

Le but de l’ablation locale est de détruire les cellules cancéreuses par des moyens chimiques ou physiques. Les deux principaux procédés d’ablation locale sont l’ablation par radiofréquence et l’injection percutanée d’éthanol ; tous deux seront décrits plus loin. Bien que ces techniques soient efficaces pour détruire de petites tumeurs, elles n’empêchent malheureusement pas l’apparition de nouvelles lésions dans le tissu environnant du foie cirrhotique.

Ces procédures sont présentées comme alternatives à la chirurgie. Ces techniques sont recommandées chez les patients atteints de cancer de stade BCLC 0, qui ne peuvent pas subir de résection chirurgicale ou de greffe de foie. Elles sont également recommandées lorsque le délai d’attente  pour une greffe du foie est estimé à plus de 6 mois.

Ces deux techniques donnent des résultats équivalents pour les tumeurs de stade BCLC 0, c’est-à-dire un nodule unique de moins de 2 cm de diamètre. Elles peuvent être dès lors considérées comme des alternatives à la résection chirurgicale. Cependant, l’ablation par radiofréquence donne de meilleurs résultats pour le contrôle de la croissance de la tumeur quand elle mesure plus de 2 cm de diamètre.

  • L’ablation par radiofréquence

L’ablation par radiofréquence utilise des ondes radio à haute fréquence pour détruire les cellules cancéreuses. Elle utilise une fine sonde en forme d’aiguille que l’on insère à travers la peau dans la tumeur. Un courant à haute fréquence est ensuite transmis par la pointe de la sonde. Cela chauffe la tumeur et détruit ainsi les cellules cancéreuses. La chaleur dégagée par l’énergie de radiofréquence referme les petits vaisseaux sanguins et diminue le risque d’hémorragie. Les cellules tumorales mortes sont progressivement remplacées par du tissu cicatriciel qui se réduit au fil du temps. Une échographie ou un scanner peuvent servir à guider la sonde. La procédure se déroule généralement sous anesthésie locale, mais, dans certains cas, elle est effectuée au cours d’une opération chirurgicale ou pendant une laparoscopie, et donc sous anesthésie générale. Au cours d’une laparoscopie, le chirurgien insère une petite caméra et de fins instruments à travers une ou plusieurs petites incisions faites dans la peau de l’abdomen. Cela lui permet de voir l’intérieur de l’abdomen et d’intervenir sans avoir à effectuer une grande incision.

L’ablation par radiofréquence est plus efficace pour les cancers avec un maximum de cinq nodules d’un diamètre n’excédant pas 5 cm. Les tumeurs plus volumineuses sont moins susceptibles d’être complètement détruites par cette technique. Lorsqu’une tumeur est proche de gros vaisseaux sanguins, il existe un risque d’hémorragie et une ablation par radiofréquence n’est donc pas conseillée.

  • L’injection percutanée d’éthanol

L’injection percutanée d’éthanol utilise de l’éthanol (de l’alcool concentré) pour brûler la tumeur. L’éthanol est injecté à travers la peau directement dans la tumeur. Parfois, une échographie ou un scanner est utilisé pour guider l’aiguille directement dans la tumeur. L’injection d’éthanol s’est montrée moins efficace que l’ablation par radiofréquence pour les nodules d’un diamètre supérieur à 2 cm.

 

Traitement des cancers de stade B selon la classification BCLC

Pour les patients atteints d’un cancer à un stade intermédiaire (stade B selon le système de détermination du stade BCLC), le traitement consiste à injecter des médicaments anticancéreux et une sorte de gel ou des particules biodégradables directement dans l’artère qui alimente le foie en sang. Ce type de traitement est appelé la chimioembolisation transartérielle.

 

La chimioembolisation transartérielle (TACE)

En plus des patients atteints d’un cancer de stade BCLC B, les patients en attente d’une transplantation du foie peuvent bénéficier de la chimioembolisation transartérielle (TACE) si le délai d’attente dépasse 6 mois.

Ce traitement consiste à injecter un médicament anticancéreux directement dans l’artère qui alimente le foie (artère hépatique). Cela nécessite d’introduire un cathéter dans une artère au niveau de l’aine et de le conduire jusqu’à l’artère hépatique. Cette procédure est effectuée sous radiologie pour s’assurer que le cathéter est bien situé dans le vaisseau alimentant la tumeur en sang. Le médicament utilisé est une chimiothérapie qui vise à tuer les cellules cancéreuses et/ou à limiter leur croissance. En passant dans les vaisseaux sanguins, le médicament atteint les cellules cancéreuses et les cellules hépatiques normales, mais ces dernières dégradent le médicament avant qu’il atteigne le reste du corps. Les médicaments anticancéreux pouvant être utilisés sont la doxorubicine, le cisplatine et/ou la mitomycine. Du lipiodol peut également être mélangé avec les chimiothérapies avant qu’ils ne soient injectés. Les cellules tumorales absorbent de préférence le lipiodol et donc en même temps la chimiothérapie.

Après l’injection du médicament, une sorte de gel ou de petites billes dégradables sont injectées pour bloquer les petites artères qui fournissent le sang à la tumeur et ainsi couper l’arrivée de nutriments et d’oxygène.

La chimioembolisation transartérielle peut également être utilisée pour soulager les symptômes ressentis par les patients atteints d’un cancer hépatocellulaire et d’une cirrhose. Dans ce cas, le but n’est pas de guérir le cancer, mais d’offrir un meilleur confort de vie au patient. Cependant, au plus la taille et le nombre de tumeurs dans le foie augmentent, au moins les résultats de la chimioembolisation transartérielle sont favorables.

La chimioembolisation transartérielle ne doit pas être utilisée chez les patients atteints :

  • D’une cirrhose du foie de score Child-Pugh C ;
  • D’une propagation de la tumeur dans 2 lobes du foie ou dans d’autres parties du corps ;
  • D’une thrombose de la veine porte ;
  • Ou d’une fistule entre l’artère et la veine principale du foie (situation très rare).

La thrombose de la veine porte est la formation de caillots de sang dans la veine principale qui conduit au foie. Dans ces cas, le risque est que les médicaments toxiques que l’on injecte finissent ailleurs qu’à l’emplacement de la tumeur.

 

Les autres techniques transartérielles

Les techniques transartérielles ont évolué durant les dernières années. Différentes alternatives à la chimioembolisation transartérielle décrite ci-dessus ont émergé.

L’utilisation de petites billes chargées en doxorubicine (une chimiothérapie) à la place de la classique chimioembolisation transartérielle vise à obstruer les vaisseaux alimentant la tumeur et à délivrer la doxorubicine à la tumeur en même temps. Ces billes ont montré une moindre diffusion de la chimiothérapie à l’extérieur du foie, ce qui entraine moins d’effets secondaires et au moins la même activité que la chimioembolisation transartérielle classique.

Le rayonnement interne à particules d’iode 131 ou d’yttrium 90 vise à obstruer les vaisseaux ainsi qu’à amener la radiothérapie très proche de la tumeur. Ce type de traitement est expérimental et doit être exécuté dans le cadre d’un essai clinique . Cette technique consiste à placer un petit tube dans l’artère principale allant au foie (artère hépatique) puis à libérer des billes microscopiques (microsphères) à travers celui-ci. Ces microsphères atteignent la tumeur à travers les vaisseaux sanguins du foie et contiennent une substance radioactive appelée iode 131 ou yttrium 90. Elles bloquent alors l’arrivée de sang destiné à la tumeur tout en émettant des rayonnements qui détruisent les cellules tumorales qui les entourent. En raison d’un ciblage très précis, cette approche permet de délivrer une dose beaucoup plus importante de rayonnement que la radiothérapie externe habituelle. La radioactivité des microsphères s’estompe au bout de 2 semaines. Un avantage de ce traitement est qu’il peut être utilisé indépendamment du nombre ou de la taille des nodules dans le foie et qu’il permet également de traiter d’éventuelles tumeurs existantes, mais non détectées. Il peut être mis en œuvre chez certains patients qui ne peuvent pas bénéficier de la chimioembolisation transartérielle ou qui en ont déjà bénéficié, mais pas chez ceux atteints d’un cancer qui s’est propagé en dehors du foie.

 

Sorafénib en cas de progression de la maladie malgré la chimioembolisation transartérielle

Chez les patients dont la maladie progresse (développement de nouvelles tumeurs ou croissance de tumeurs existantes), un traitement par médicament appelé sorafénib est recommandé.

 

Traitement des cancers de stade C selon la classification BCLC

Le traitement standard à ce stade est le sorafénib, un médicament pris par voie orale. Si le sorafénib est mal toléré ou si le cancer progresse malgré un traitement avec du sorafénib, des soins de support et une participation à un essai clinique sont recommandés.

Comme la tumeur s’est propagée du foie jusque dans les ganglions lymphatiques ou dans des organes éloignés, le traitement visera à cibler les cellules cancéreuses dans tout le corps. C’est ce qu’on appelle un traitement systémique. La principale option est le sorafénib. Si le sorafénib n’est pas bien toléré ou n’a pas d’effet sur la croissance de la tumeur, le traitement visera à soulager les symptômes causés par la maladie. Il est aussi possible de participer à un essai clinique. Dans un essai clinique, de nouveaux traitements ou de nouvelles combinaisons de traitements sont testés. Il est conseillé de toujours demander aux médecins s’il existe des essais en cours pour le stade de la tumeur et la situation spécifique du patient. De cette façon, le patient peut avoir accès à de nouvelles thérapies, et, en même temps, permettre de réaliser des progrès vers de meilleurs traitements contre le cancer.

 

Les traitements systémiques

Le sorafénib est un médicament qui a montré qu’il pouvait prolonger la durée de vie des patients atteints d’un cancer avancé du foie. Par exemple, il a augmenté de 2,8 mois la survie moyenne de patients atteints d’une maladie hépatique de score Child-Pugh A dans un essai clinique randomisé. Il est pris par voie orale et se diffuse dans tout l’organisme par le sang après absorption par les intestins. Le sorafénib est une thérapie ciblée, car il a été conçu pour détruire spécifiquement les cellules tumorales.

D'autres thérapies ciblées sont en cours d'étude, mais ne peuvent pas être administrées en dehors des essais cliniques.

Une chimiothérapie administrée par voie orale ou intraveineuse, et donc sans injection directe dans l’artère hépatique peut également être envisagée. Aucun médicament de chimiothérapie utilisé pour le cancer du foie n’a montré une prolongation de l’espérance de vie du patient. Certains protocoles de chimiothérapie comme le protocole XELOX (association de capécitabine et d’oxaliplatine) ou le protocole GEMOX (association de gemcitabine et d’oxaliplatine) ont néanmoins montré qu’ils pouvaient arrêter ou ralentir la croissance de la tumeur chez certains patients. La chimiothérapie systémique ne doit donc pas être administrée à tous les patients à ce stade, mais peut être discutée et proposée au cas par cas si aucune autre option n’est disponible dans l’hôpital où le patient est traité.

 

La radiothérapie

La radiothérapie utilise des rayonnements pour tuer les cellules cancéreuses. Son intérêt est actuellement étudié chez les patients atteints d’un cancer du foie dont la tumeur a envahi la veine porte ou la veine cave inférieure. La radiothérapie peut être utilisée en présence d’une grosse tumeur comportant quelques tumeurs satellites (petites tumeurs autour de la principale) et lorsqu’une quantité suffisante de foie sain peut être épargnée. Les techniques possibles sont les suivantes :

  • La radioembolisation par microsphères marquées à l’yttrium 90 pour les patients chez lesquels des caillots de sang bloquent une branche de l’une des veines principales du foie, affection appelée « thrombose portale ». Ce traitement a été décrit plus haut.
  • La radiothérapie conformationnelle en trois dimensions consiste à produire des rayonnements par un appareil situé à l’extérieur du corps et à les diriger vers la tumeur. On parle de radiothérapie conformationnelle en trois dimensions, contrairement à la technique classique de radiothérapie externe, car un ordinateur calcule la direction et la forme exacte des faisceaux de rayonnement. Cela permet de les orienter très précisément en direction de la tumeur et d’épargner autant de cellules hépatiques normales que possible. Cette stratégie prometteuse nécessite cependant plus d’évaluations avant d’être recommandée.

 

Traitement des cancers de stade D selon la classification BCLC

Le traitement standard à ce stade est de soulager les symptômes causés par la maladie.

Le recours aux soins de support est recommandé pour les patients atteints d’un cancer de stade D selon la classification BCLC. Le but de ces soins de support n’est pas de guérir le cancer ou de prolonger la vie, mais de réduire les symptômes et d’optimiser le confort du patient.

Il existe des médicaments efficaces pour contrôler la douleur, les nausées et d’autres symptômes. Il est important de signaler toute gêne inconfortable à son médecin ou aux infirmières afin d’adapter les médicaments en fonction des besoins.

La jaunisse (ou ictère) est un problème très fréquent chez les patients atteints d’un cancer avancé du foie. La jaunisse est la coloration jaune de la peau et les yeux. Elle est causée par un excès de bilirubine qui n’est plus évacuée par le foie parce qu’elle est bloquée par la tumeur. Il est possible de la traiter grâce à une petite opération au cours de laquelle le chirurgien insère un stent (un tube creux) dans le canal biliaire, soit durant une intervention chirurgicale, soit durant une endoscopie. Le stent permet à la bilirubine bloquée de passer de nouveau vers les intestins.

Une radiothérapie externe peut être utilisée pour contrôler la douleur liée aux métastases osseuses.

 

Comment mesurer l’effet du traitement ?

Chez les patients atteints d’un cancer avancé, il peut être difficile de mesurer les effets du traitement, en particulier lorsque le cancer est composé de plusieurs tumeurs. La meilleure façon de mesurer si le traitement a un effet positif est d’évaluer :

  • La manière dont la tumeur réagit au traitement en utilisant des techniques d’imagerie, comme le scanner ou l’IRM. Les techniques dynamiques de scanner ou d’IRM, nécessitant l’injection d’un agent de contraste, sont recommandées puisqu’elles permettent d’observer une diminution de l’activité tumorale, même en l’absence de réduction de la taille de la tumeur. Beaucoup de thérapies utilisées pour traiter le cancer du foie peuvent tuer les cellules cancéreuses ou réduire le flux sanguin vers la tumeur sans nécessairement causer une réduction de la taille de la tumeur.
  • Le ressenti du patient durant et après le traitement.
  • L’évolution du taux d’alpha-fœtoprotéine dans le sang au fil du temps. Cela peut être particulièrement utile chez les patients pour lesquels les techniques d’imagerie ne donnent pas beaucoup d’informations sur la réponse de la tumeur. 

 

Quels sont les effets secondaires potentiels des traitements ?

 

Les risques et effets secondaires d’une intervention chirurgicale retirant une partie du foie

L’ablation d’une partie du foie est une intervention chirurgicale à haut risque. Il existe plusieurs risques et cela peut causer des problèmes de santé non désirés, appelés complications. Celles-ci peuvent généralement être traitées, mais parfois difficilement. Elles peuvent même parfois s’avérer mortelles.

Certains risques sont partagés par toutes les interventions chirurgicales effectuées sous anesthésie générale. Ces complications sont rares et incluent la thrombose veineuse profonde, des problèmes cardiaques ou respiratoires, une infection ou une réaction à l’anesthésie. Bien qu’il existe des risques, les médecins prennent les mesures les plus appropriées pour les minimiser.

Une hémorragie excessive est le principal risque de la chirurgie du foie chez les patients atteints de cancer du foie. Le foie contrôle normalement la coagulation du sang et les dommages causés au foie avant ou pendant la chirurgie peuvent augmenter les saignements. L’insuffisance hépatique est une autre complication de la chirurgie du foie, en particulier chez les patients dont la fonction hépatique n’est pas optimale en raison d’une maladie chronique du foie.

 

Les risques et effets secondaires d’une transplantation hépatique

La transplantation hépatique est une intervention chirurgicale lourde qui présente des risques de complications. Les risques de l’intervention comprennent notamment des hémorragies, des infections et des complications liées à l’anesthésie. Des hémorragies peuvent survenir, car le foie qui intervient normalement dans la coagulation du sang peut ne pas être en mesure de le faire pendant les premiers jours qui suivent la transplantation.

Après la transplantation, il est possible que le système immunitaire se mette à combattre le nouvel organe « inconnu ». Cette réaction est appelée « rejet de greffe » et doit être évitée autant que possible, car elle peut endommager le nouveau foie. Une fièvre, une fatigue, un essoufflement, des sensations de démangeaisons ou une jaunisse sont autant de signes qui peuvent indiquer un début de rejet de greffe.

Le patient doit donc prendre des médicaments qui inhiberont son système immunitaire pour le reste de sa vie, afin d’éviter un rejet de greffe. Les médicaments anti-rejet les plus courants sont les suivants :

  • Tacrolimus
  • Azathioprine
  • Prednisolone ou d’autres corticostéroïdes
  • Ciclosporine
  • Le mycophénolate mofétil ou des médicaments appelés inhibiteurs de mTOR (sirolimus, everolimus)

L’effet secondaire le plus important de ces traitements immunosuppresseurs est que le patient est très sensible aux infections. Il est important de prendre certaines précautions pour diminuer le risque d’infection. Il faut donc se laver les mains régulièrement et éviter tout contact avec des personnes pouvant être malades, même d’un simple rhume. Le patient doit éviter de se trouver dans des espaces clos avec un grand nombre de personnes ou doit envisager de porter un masque. Les médicaments anti-rejet augmentent également le risque d’apparition d’un nouveau cancer. Cela est dû au fait que ces traitements inhibent également l’action du système immunitaire contre les cellules cancéreuses qui peuvent se développer partout dans le corps. Les autres effets secondaires comprennent notamment l’hypertension artérielle, l’excès de cholestérol, le diabète, des problèmes osseux et des problèmes rénaux. Pour cette raison, mais aussi pour détecter un rejet dès que possible, il convient d’effectuer régulièrement des analyses de sang. Lorsqu’un rejet se produit, une augmentation des doses des médicaments anti-rejet peut généralement aider le patient à se rétablir. Les médecins proposeront également un suivi étroit pour surveiller la fonction hépatique et détecter au plus tôt l’apparition d‘éventuelles nouvelles tumeurs.

 

Les effets secondaires des méthodes d’ablation locale

Les effets secondaires possibles après un traitement ablatif comprennent des douleurs abdominales, des infections au niveau du foie, ainsi que des hémorragies dans la cavité thoracique ou l’abdomen.

Les effets indésirables les plus fréquents de l’injection percutanée d’éthanol sont la douleur et la fièvre. La douleur est le plus souvent localisée à l’endroit de l’injection, mais peut aussi être ressentie ailleurs dans l’abdomen à cause d’une fuite d’alcool à la surface du foie et dans la cavité abdominale.

 

Les effets secondaires de la chimioembolisation transartérielle

La chimioembolisation peut causer des nausées, des douleurs ou de la fièvre après le traitement. Comme les médicaments ne se diffusent au reste du corps qu’à de faibles concentrations, les effets secondaires sont moins sévères que dans le cas d’une chimiothérapie classique. Ils peuvent cependant causer une certaine fatigue, une perte de cheveux, des diarrhées et une diminution du nombre de globules sanguins.

 

Les effets secondaires du sorafénib

Les effets secondaires les plus courants (vu chez plus de 1 patient sur 10) du sorafénib comprennent :

o   une fatigue,
o   des diarrhées,
o   une rougeur, une sensibilité, un gonflement, ou l’apparition de cloques sur les paumes des mains ou la plante des pieds (appelé syndrome main-pied),
o   des éruptions ou des rougeurs cutanées,
o   des nausées et des vomissements,
o   une perte d’appétit,
o   une hypertension artérielle,
o   des œdèmes,
o   des saignements,
o   une perte de cheveux
o   une augmentation des taux d’enzymes produits par le pancréas (amylase et lipase),
o   un taux faible de lymphocytes (un type de globules blancs) dans le sang,
o   un taux faible de phosphate dans le sang.

D’autres effets secondaires moins courants peuvent également apparaitre. Tout symptôme ressenti durant le traitement avec du sorafénib doit être signalé aux médecins.

 

Les effets secondaires de la chimiothérapie

Les effets secondaires courants de la chimiothérapie incluent une fatigue, une perte de cheveux, des ulcérations de la bouche, une perte d’appétit, des nausées, des vomissements et des diarrhées. Les médicaments peuvent également provoquer une faible numération sanguine, conduisant à un risque accru d’infections (en raison du faible nombre de globules blancs), d’ecchymoses ou de saignements (en raison du faible taux sanguin de plaquettes) et de fatigue (à cause du faible taux de globules rouges). La chimiothérapie pouvant être nocive pour un bébé, il est important de ne pas être enceinte pendant le traitement. Par ailleurs, la doxorubicine peut entrainer une coloration rouge temporaire de l’urine, une sensibilité à la lumière du soleil, un larmoiement des yeux et chez certains patients, une stérilité permanente. Le cisplatine pouvant léser les reins, il est très important de boire beaucoup d’eau pendant le traitement. Ce dernier peut également entrainer une perte auditive.

Cependant, la plupart de ces effets secondaires peuvent être traités et sont temporaires.

 

Les effets secondaires de la radiothérapie externe

Les effets secondaires de la radiothérapie externes (dont la radiothérapie conformationnelle en 3 dimensions) incluent des problèmes cutanés semblables à des coups de soleil à l’endroit où les rayons pénètrent dans le corps, des nausées, des vomissements, et le plus souvent, de la fatigue. 

 

Que se passe-t-il après le traitement?

Il n’est pas inhabituel de ressentir des symptômes liés au traitement une fois, ce dernier terminé.

• Il n’est pas rare que l’on éprouve de l’anxiété, des troubles du sommeil ou de la dépression dans la phase posttraitement. Les patients qui rencontrent ces symptômes peuvent bénéficier d’un soutien psychologique.
• La fatigue peut persister des mois après le traitement. La plupart des patients retrouvent leur niveau normal d’énergie entre 6 mois et un an.
• Les troubles de la mémoire ou les difficultés de concentration sont des effets secondaires courants de la chimiothérapie ; ils disparaissent généralement au bout de quelques mois.

Après une transplantation, le patient devra prendre des médicaments qui inhibent le système immunitaire, afin d’empêcher ce dernier de commencer à rejeter le nouvel organe « inconnu ». L’effet secondaire le plus important des traitements immunosuppresseurs est que le patient est très sensible aux infections. Il est donc conseillé de prendre certaines précautions afin de minimiser au maximum le risque d’infections. Ces précautions impliquent de se laver régulièrement les mains, d’éviter tout contact avec des personnes malades, même d’un simple rhume, et de porter un masque antiseptique quand des contacts étroits avec d’autres personnes ne peuvent pas être évités.

Le suivi avec les médecins

Une fois le traitement terminé, les médecins proposent un suivi avec les objectifs suivants :

• Évaluer les effets indésirables du traitement et les traiter ;
• Fournir un soutien psychologique et des informations afin d’accompagner le retour à une vie normale ;
• Détecter une récidive éventuelle le plus tôt possible
• Après une transplantation
o Détecter un rejet le plus tôt possible
o Ajuster la dose des médicaments anti-rejet
o Détecter et traiter toute infection le plus tôt possible
o Évaluer le fonctionnement du nouveau foie
o Détecter dès que possible une nouvelle tumeur potentielle (due à l’effet des médicaments anti-rejet)

Après une hépatectomie partielle ou une ablation par radiofréquence ou une injection percutanée d’éthanol, il sera proposé au patient de revoir son médecin tous les 3 mois pendant les deux premières années et tous les 6 mois par la suite.
Après la transplantation, des visites de suivi seront programmées dans un centre spécialisé dans les transplantations avec une fréquence d’une visite par mois pendant un maximum de 6 mois, puis d’une visite tous les 3 mois pendant 1 an, puis de 2 visites par an pendant un maximum de 2 ans et enfin d’une visite par an durant les années suivantes.
Après une chimioembolisation transartérielle ou un traitement par sorafénib ou une chimiothérapie, une visite chez le médecin est recommandée tous les deux mois pour guider au mieux les décisions concernant le traitement ultérieur.

Lors d’une visite de suivi, le médecin :

• demandera au patient les signes et les symptômes qu’il a observés ;
• effectuera un examen clinique à la recherche  de signes évocateurs d’une diminution progressive des fonctions assurées par le foie (décompensation du foie) ;
• effectuera une prise de sang pour évaluer la fonction hépatique et le taux d’AFP ;
• planifiera un scanner ou une IRM pour contrôler les effets des traitements et détecter d’éventuels signes de récidive du cancer dans le foie, ou dans d’autres parties du corps.

Après une greffe de foie, des analyses de sang régulières seront également nécessaires pour rechercher des signes de rejet du nouveau foie par l’organisme. On effectue parfois des biopsies du foie pour voir s’il y a réellement un rejet et si l’on doit apporter des modifications au traitement médicamenteux antirejet.

Chez certains patients atteints d’hépatite B ou C, un traitement avec des médicaments antiviraux et/ou de l’interféron pourra être utile pour ralentir l’évolution de la cirrhose et maintenir la fonction hépatique actuelle. Si ces patients recevaient un traitement antiviral avant le cancer, ils doivent pouvoir le reprendre si cela est possible.
Une surveillance étroite de la fonction hépatique, également chez les patients sans hépatite, pourra guider les médecins dans leurs efforts visant à maintenir un fonctionnement du foie le meilleur possible.

Le retour à la vie normale

Il peut être difficile de vivre avec l’idée que le cancer peut réapparaitre à tout moment. Aujourd’hui, nous ne connaissons pas encore de moyen spécifique pour diminuer le risque de récidive (terme médical désignant la réapparition d’une maladie). Si le cancer a été causé par une maladie (cirrhose due à l’hépatite B ou C, ou à l’abus d’alcool), la maladie sous-jacente ne sera pas guérie par le traitement anticancéreux et continuera à constituer un risque pouvant entrainer une récidive.

Suite au cancer lui-même et au traitement associé, le retour à la vie normale peut ne pas être aisé pour certaines personnes. Des problèmes liés à l’image corporelle, à la fatigue, au travail, aux émotions ou au style de vie peuvent surgir. Le fait d’aborder ces questions avec des proches et des amis ou encore avec les médecins peut se révéler utile. Certaines personnes peuvent aussi profiter du soutien auprès de groupes d’ex-patients ou de services d’assistance téléphonique.

Et si le cancer réapparait ?

Si le cancer réapparait, on parle de récidive. Le traitement dépend de l’étendue de celle-ci.
Après un traitement par chirurgie, il n’est pas rare que le cancer revienne. On estime que de la moitié à deux tiers des patients opérés subiront une récidive dans les 5 ans après la chirurgie. Les nouvelles lésions sont soit des métastases du premier cancer dans le foie (souvent dans les 2 ans suivant l’intervention chirurgicale) ou un nouveau cancer du foie dans le foie restant (survenant après 2 ans).

Si le cancer revient localement (seulement dans le foie), les médecins devront à nouveau décider si la tumeur est résécable ou non.

Si la tumeur est résécable, une intervention chirurgicale sera envisagée.
Lorsque seule une partie du foie a été enlevé lors du traitement du premier cancer, la tumeur peut revenir à d’autres endroits de la partie restante du foie. Dans les centres spécialisés, la possibilité d’une transplantation de foie peut être discutée dans ces cas. Quand un cancer revient à l’intérieur du nouveau foie après une transplantation, les médecins pourront envisager une hépatectomie, une nouvelle transplantation ou un traitement médical, selon l’étendue de la récidive et les autres informations pertinentes mentionnées ci-dessus.

Si la tumeur est non résécable, on peut envisager des traitements par ablation thermique seuls ou un traitement par sorafénib.
En l’absence de cirrhose, si les chirurgiens jugent la tumeur non résécable, il est possible d’envisager une chimioembolisation transartérielle ou un traitement par sorafénib.

Si la tumeur réapparait après la transplantation et se propage à l’extérieur du foie, le sorafénib est le traitement de choix pour les patients sélectionnés.

Synonymes

Cancer primitif du foie

Cancer du foie

Tumeur primitive du foie

Tumeur du foie

Cancer hépatique

Tumeur hépatique

Hépatocarcinome

Carcinome hépatocellulaire

Carcinome hépatique

CHC

Hépatome

Therapies by type

La liste suivante de thérapies est basée sur ce que nous avons trouvé dans les études scientifiques concernant ce cancer. Vous trouverez plus d’information sur ces traitements sous l’onglet THÉRAPIES. Les médicaments autorisés, la radiothérapie et les interventions chirurgicales sont approuvés par les autorités.

Interventions chirurgicales

Procédures nécessitant des moyens instrumentaux pour examiner ou traiter un cancer, ou pour améliorer les fonctions ou l’apparence du corps. En général, une intervention chirurgicale implique une incision. Plus

Radiothérapie

Utilisation médicale de rayonnements de haute énergie afin de tuer les cellules cancéreuses et de réduire la taille de la tumeur. Plus

Médicaments autorisés

Médicaments anticancéreux ayant reçu une autorisation de mise sur le marché aux États-Unis ou dans les pays de l’Union européenne. Plus

Thérapies à base de cellules

Administration après modification de ses propres cellules ou de celles d'une autre personne. Plus

Produits naturels (hors médicaments autorisés)

Substances présentes dans la nature qui ont en général une activité pharmacologique ou biologique. Plus

Régimes alimentaires

Consommations contrôlées de nourriture et de boissons dans le but d’influencer l’issue d’une maladie.

Thérapies basées sur l'énergie

Thérapies basées sur le corps et thérapies manipulatives

Manipulation physique du corps en utilisant, par exemple, les mains, les pieds ou d’autres moyens.

Essais cliniques

Un essai clinique est une recherche menée chez des patients afin d’évaluer si un nouveau traitement est sûr (innocuité) et s’il est efficace (efficacité). Les essais cliniques sont effectués pour tester l’efficacité de médicaments mais aussi de traitements non médicamenteux, tels que la radiothérapie ou la chirurgie, et de combinaisons de différents traitements. Les essais cliniques se déroulent dans toutes sortes d’hôpitaux et de cliniques mais principalement dans des hôpitaux universitaires. Ils sont organisés par des chercheurs et des médecins.

le Fonds Anticancer offre un outil de recherche des essais cliniques de phase III par type de cancer et par pays. Pour la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, le Luxembourg, la France et le Royaume-Uni, le Fonds Anticancer fournit des coordonnées de contact pour obtenir davantage d’informations au sujet des essais cliniques de phase III actuellement en cours. Discutez avec votre médecin des possibilités de participer à l’un de ces essais cliniques.

Une liste des essais cliniques de phase III pour le cancer primitif du foie (en anglais : liver, étant donné que les essais cliniques peuvent être présentés en anglais) est disponible ici.